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L'hypnothérapeute,
magicien ou technicien habile ?
Dr François
Thioly
Psychiatre
En attribuant les effets des traitements
magnétiques à l'imagination, les Commissaires
de 1784 contribuèrent à réduire
ceux-ci à l'expression d'un mécanisme
psychologique que la psychanalyse allait pouvoir enfermer
à l'intérieur du psychisme individuel.
Notre compréhension de l'hypnose dérive
de cette réduction. On s'interrogera ici sur
ses conséquences: à tirer Mesmer et le
magnétisme du côté de l'hypnose
ainsi conçue, on a évacué la dimension
du "pouvoir thérapeutique" du magnétiseur
et oblitéré une dimension de la relation
d'influence : on ne peut réduire ce pouvoir (dont
n'avons de cesse d'assurer à nos patients que
nous ne le possédons pas - ce qui est vrai la
majeure partie du temps pour la majorité d'entre
nous - ) aux effets d'un certain type de communication
sur le psychisme du patient.
Cette exclusion a relégué toute une part
d'un antique art thérapeutique du côté
de la superstition. En rappelant la singularité
irréductible de certains thérapeutes "hors
du commun", mais aussi des phénomènes
plus banals comme la "chance du débutant"
ou la qualité inattendue de nos interventions
avec certains patients qui nous "inspirent",
on s'interrogera sur la nature de ce pouvoir qu'on pourrait
nommer le "talent thérapeutique".
Nous savons aujourd'hui qu'un élément
prédictif de la qualité de l'alliance
thérapeutique est "l'authenticité"
du thérapeute. Erickson surenchérissait
en soulignant que c'est la communication inconsciente
qui a le plus d'effets relationnels. C'est donc la relation
réelle qui soigne, et elle soigne d'autant mieux
que celui qui occupe la place du thérapeute est
doué pour cela. Mais de quel type de "don"
s'agit-il, quel est ce pouvoir que les patients s'obstinent
à attendre des hypnothérapeutes? Car si
on fait appel à l'hypnose là où
les autres thérapies échouent, c'est bien
que l'on continue à lui prêter un pouvoir
magique.
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son intervention
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