CE
SONT TOUJOURS LES MEMES QUI "TRANSENT"
Jean-Roch
LAURENCE
Chercheur
et Professeur à l'Université Concordia
de Montréal, Canada
Il semble
particulièrement difficile de parler d'hypnose
ou de transe sans considérer les différences
individuelles que nous retrouvons continuellement
dans l'expression de la réponse hypnotique.
Depuis l'avènement du magnétisme animal,
tous les grands auteurs, cliniciens ou chercheurs,
ont reconnu directement ou indirectement que certains
individus possèdent un ensemble d'habiletés
cognitives et/ou affectives leur permettant de vivre
les phénomènes les plus surprenants
de l'expérience hypnotique. Bien que l'influence
des facteurs socio-culturels qui ont modulés
la réponse hypnotique depuis le 18e siècle
ne doive pas être ignoré, la réponse
hypnotique dépend avant tout de la capacité
de l'individu à recruter et activer les ressources
cognitives et émotives nécessaires à
son expression.
La compréhension
de ces mécanismes psychologiques et physiologiques
ne peut progresser si nous n'adoptons pas une méthodologie
de recherche qui permet de différencier les
rapports respectifs de la situation hypnotique, de
l'aptitude hypnotique et de leur interaction. La recherche
contemporaine sur le phénomène d'hypermnésie
hypnotique illustre bien l'interactivité de
ses deux dimensions et leurs apports respectifs. Comme
nous le verrons cependant, en bout de ligne, ce sont
toujours les mêmes qui transent ...