L'INDUCTION
DANS LA TRANSE-POSSESSION ET DANS L'EXORCISME
Abdelhafid
CHLYEH
Psychologue,
Enseignant à l'Institut d'ethnologie de Paris
VII
Les pratiques de la transe-possession
et de l'exorcisme en milieu traditionnel marocain trouvent
leurs fondements anthropologiques dans un univers de
sens et de croyances où interviennent les Djinns,
les Mlouks et les Saints.
La pratique rituelle de la transe-possession
implique le plus souvent une adhésion à
la "Tbika", représentation des entités
médiatrices et regroupement des adeptes autour
d'une voyante-thérapeute. Dans ce contexte, la
"Lila de Derdeba" ou nuit de transe, obéit à
un rituel où interviennent les instruments de
musique, les devises chantées, les encens et
les couleurs. Ces divers facteurs amènent la
transe chez les adeptes. De l'état de "maskoun",
habité et tourmenté, l'adepte intègre
le statut de "mamlouk" ou possédé rituel,
en état de "Hal" voire même une prédisposition
à une vocation-élection.
L'exorcisme ou "Srii" est une modalité
thérapeutique qui met en oeuvre un ensemble de
techniques : incantatoires, d'écritures et gestuelles
qui induisent un état de transe chez le patient.
Le "Taleb" ou thérapeute-exorciste entre en relation
avec le djinn qui tourmente le possédé
afin de l'identifier, connaître la cause de son
incursion, et négocier son départ. A la
sortie de l'entité maléfique va succéder
la sortie de transe.
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