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"L'émotion
douleur : un modèle corporo-psycho-social
rendant compte des processus hypnotiques"
Marie
Santiago Delefosse*
Problématique et
cadre de référence
Les questions sur l'analgésie et la douleur
sont au coeur des travaux actuels concernant le fonctionnement
hypnotique.
Pour les tenants de la néo-dissociation (Hilgard,
1977, 1992) l'étude de l'analgésie hypnotique
permet de mettre en évidence la dissociation
de la conscience caractéristique de l'hypnose.
Alors que pour les tenants de l'approche socio-cognitive,
il n'y a pas de dissociation, mais effort actif et effets
de compliance avec le thérapeute (Spanos 1986
; Farthing et al. 1984).
Partant de mon expérience du travail sur la douleur
chronique hors atteinte somatique (Santiago-Delefosse,
1997, 1999), je présente ici une modélisation
qui tente de dépasser ce débat. Ancrée
dans le développement, cette modélisation
tient compte des trois axes fondamentaux constitutifs
de l'être humain : l'axe corporel sans lequel
toute sensation douloureuse serait inexistante, l'axe
cognitif sans lequel aucune interprétation ni
de la douleur, ni de la situation ne serait possible,
et enfin l'axe socio-affectif et émotionnel sans
lequel les êtres humains ne pourraient partager
le même monde à travers les images et les
mots et donc la thérapie.
La douleur chronique est considérée dans
sa composition bipolaire (Szasz, 1957). Un pôle
renvoyant à la sensation et l'autre à
la souffrance émotionnelle qui résulte
du déchiffrage mental de la sensation ; c'est
celui-ci qui intéresse le travail hypnotique.
En tant qu'appel, le phénomène douloureux
est au service de la communication humaine dans son
aspect émotionnel.
L'émotion (douloureuse par exemple) est considérée
comme un processus multidimensionnel associé
à des sensations et impliquant trois composantes
: physiologique, cognitive et expressive. Elle se présente
comme un mélange d'excitation physique, de comportement
actif et d'expérience consciente interprétative
et subjective (Christophe, 1998 ; Myers, 1998)
Définir la douleur comme une émotion n'est
pas nouveau dans le champ des recherches hypnotiques,
ainsi Beecher dès 1959 puis Mc Glashan et al.,
en 1969 proposent de différencier l'expérience
douloureuse en ses deux composantes : perception et
souffrance émotionnelle. Pourtant peu d'auteurs
ont prolongé ces travaux car faire de l'émotion
douloureuse un axe de l'interaction et de la communication
humaine exige un modèle complexe.
Dans la suite de mes précédents travaux,
je maintiens que le cadre hypnotique est avant tout
relationnel et qu'il mobilise des modes communicationnels
précoces (Santiago-Delefosse, 1998). J'adhère
donc aux travaux qui considèrent qu'une scission
imposée entre corps et esprit d'une part, et
esprit et contexte, d'autre part (Davidson, 1982 ; Bruner,
1990 ; Varela et al., 1993) perpétue l'erreur
de Descartes. L'homme souffrant ne peut se réduire
ni à l'automate, ensemble de sensations et de
réponses réflexes, ni au computer, machine
à penser, ni à un pion sur un échiquier
social.
Je présenterai d'abord le modèle (Santiago-Delefosse,
2000a) issu d'une lecture des travaux walloniens sur
le fonctionnement mental dans lequel je situe la souffrance
émotionnelle, puis l'apport du modèle
au débat actuel entre théories de la néo-dissociation
hypnotique et théories socio-cognitives, pour
conclure sur une réflexion de prise en charge
thérapeutique issue de ces débats.
1. Un modèle développemental
du fonctionnement mental
Le système primaire émotionnel, se présente
comme le premier système de communication nourrisson-entourage
et, à mon sens, se trouve fortement mobilisé
dans le travail hypnotique. Le modèle développemental
et évolutif issu d'une relecture des travaux
de H. Wallon (1879-1962) permet d'étudier la
fonction psychologique propre des émotions au-delà
de leur manifestation physiologique, mais dans leur
ancrage social et corporel (Santiago-Delefosse, 2000b).
A la base du modèle proposé on distingue
: les automatismes, les sensibilités, les fonctions
(clonique et tonico-posturale).
Automatismes
Chez l'homme, l'origine de l'émotion est à
la fois corporelle, automatique et sociale. Le modèle
en est le réflexe de chatouillement qu'il est
impossible de provoquer sur soi. Cet automatisme montre
que la sensibilité qu'il suscite est faite pour
connaître les variations survenant dans l'ambiance
: elle est proprioceptive, liée aux ligaments,
aux tendons, aux aponévroses, d'où résulte
le sens des attitudes. Ce réflexe présent
très tôt provoque une gamme d'effets qui
répond chacun aux manifestations capitales des
émotions, qui seront par la suite nettement différenciées,
mais il démontre leur origine commune dans les
variations du tonus.
Sensibilités
Les sensibilités se différencient à
partir des automatismes, en lien avec l'ancrage biologique
de l'être humain. Les premiers mouvements affectifs
et émotionnels se font à partir des sensibilités
internes ET du contact avec le monde extérieur
qui s'occupe de l'enfant. Ces sensibilités internes
sont au nombre de trois :
-intéroceptive, liée au fonctionnement
de la vie végétative, des viscères,
sorte de tonalité de fond, dont nous avons peu
conscience ;
-proprioceptive (stimulée par l'activité
des muscles et de leurs annexes) qui correspond au sens
des attitudes et qui sera la base de la fonction tonico-posturale
(peut-être impliquée dans les réactions
idéomotrices) ;
- extéroceptive, stimulée par les effets
d'agents extérieurs sur les organes des sens
(vision, ouïe, tact, goût, odorat).
Ces sensibilités articulées aux réponses
du milieu s'organisent en patterns permettant, d'une
part la première "activité diffuse
de représentation" à partir de l'extéroceptivité,
et d'autre part les "attitudes tonico-posturales"
à valeur expressive pour le milieu (à
partir de l'interoceptivité et de la proprioceptivité).
Les deux fonctions et leur
mode de relation au monde
A partir de ces patterns, dès l'âge de
deux mois, se dessinent deux lignées de fonctions
intégrées, mais antagonistes, celle qui
aboutit sur l'activité de relation cognitive
au monde et celle qui aboutit sur l'activité
de relation affective au monde en lien avec le système
émotionnel :
· la fonction tonico-posturale est à l'origine
du sens des postures et des attitudes Attitudes qui
sont interprétées par les adultes dans
l'ambiance sociale ; elles deviennent expressives et
s'organisent en système émotionnel de
communication centrées sur le corps propre. Cette
fonction en rapport avec des conduites émotionnelles
assure le lien à autrui ; plus tard elle assurera
l'accordage aux émotions des autres : sympathie,
empathie, compassion et développement de la pensée
analogique.
· la fonction clonique (ou cinétique)
liée aux sensibilités extéroceptives
est orientée vers l'établissement de relations
objectives avec le monde. C'est une fonction en rapport
avec le mouvement et avec les sens qui nous ouvrent
vers la découverte du monde. Elle est donc à
la base de la cognition et du développement de
la pensée formelle
Rôle des antagonismes
Les antagonismes constituent l'aspect dynamique du
modèle. Les niveaux d'activité de deux
étapes distinctes se contrarient fréquemment
chez l'homme entre :
- la périphérie sensorielle, proprioceptive,
qui est en contact avec les sollicitations du milieu
et avec les actes d'adaptation servant à la connaissance
du monde immédiat ;
- son écorce cérébrale où
se développent à la fois le monde des
représentations avec ses situations idéales
et ses motifs affectifs inactuels.
Antagonisme 1 : Automatismes vs pensée (premières
représentations diffuses)
Les premiers antagonismes se construisent dans le cours
du premier mois de vie. La pensée, donc la conscience
de soi diffuse, émerge de ce conflit entre automatisme
et représentation, mais elle n'est qu'amorcée?
Les émotions sont au centre de cette première
conscience diffuse, celle du soi et celle du monde.
Elles surgissent dans le conflit entre automatisme corporel
en voie de socialisation et représentation diffuse
(forme cognitive première de la pensée).
Elles s'expriment par le biais de la fonction tonico
posturale.
C'est à partir de cette origine commune entre
émotion et cognition qu'on peut rendre compte
de la coexistence au sein de la conscience de tout adulte
de deux modes de connaissance du monde : l'un répondant
à la logique formelle, telle que décrite
par Piaget et telle qu'attendue par une psychologie
cognitive évaluative (Lazarus, 1984 ; Spanos,
1986), et l'autre renvoyant à une pensée
analogique et pratique, répondant à une
intelligence des situations et émotionnelle.
Ce mode de pensée, ne disparaîtra jamais,
même s'il peut plus ou moins se trouver intégré
dans celui, plus tardif, de la logique formelle. Cette
coexistence est primordiale pour comprendre le lien
entre travail hypnotique, système émotionnel,
et appréhension cognitive.
Antagonisme 2 : Emotion vs. pensée (activité
de relation objective avec le monde)
Au cours du développement, la sensibilité
extéroceptive, de mise en contact avec le monde
extérieur via la pensée doit conquérir
son domaine sur la sensibilité proprioceptive
en lien avec l'intériorité. Par le biais
des images qui viennent du monde extérieur, la
sensibilité extéroceptive s'oppose à
la sensibilité intime et nous coupe d'elle et
de l'ambiance émotionnelle.
Les deux types de sensibilité nous mettent donc
en rapport avec le monde mais d'une manière très
différente et pour une grande part antagoniste
(du moins avant les intégrations inhérentes
au développement en cours d'enfance). Cette coexistence
confirme l'indépendance des deux modes d'appréhension
du monde décrits ci-dessous et la possible dissociation
provoquée du contrôle des deux systèmes.
Habituellement, les deux sensibilités s'intègrent
grâce aux activités de connaissance et
de raisonnement qui leur succèdent.
Antagonisme 3 : Emotion vs.automatisme
En cas de danger urgent, pour que l'action soit adaptée,
il faut que l'automatisme prenne le pas sur l'émotion.
L'émotion dans son aspect tonique et énergétique
peut se mettre aussi bien au service de l'automatisme
que de la perception cognitive en s'intégrant
et en s'organisant. Comme la douleur, dont bien des
auteurs signalent l'absence de sens, l'action émotionnelle
est, par conséquent, à l'opposé
d'une action discriminative et bien adaptée.
Fonction première
des émotions
Dès la naissance les réactions posturales
produisent des comportements au service des relations
entre les individus. Les interventions de l'entourage,
régulent la sensibilité aux attitudes
et sélectionnent parmi les attitudes posturales
fournies par le comportement inné celles qui
servent le mieux la contagion émotionnelle.
Dans le modèle proposé, c'est l'action
sur autrui (ou, au départ, par le moyen d'autrui)
qui permet le mieux d'expliquer la fonction première
de l'émotion.
Dès la naissance, et progressivement, par cette
intrication de la proprioceptivité et du milieu,
l'émotion cesse d'être un ensemble de réactions
organiques pour devenir un comportement visant le partage
de l'ambiance.
Au départ, ancré dans la sensation corporelle,
le système émotionnel favorise la participation
d'autrui à la satisfaction des besoins. En effet,
l'émotion :
- permet d'établir une communion immédiate
entre l'individu et l'entourage ;
- favorise la liaison entre le geste expressif et la
sensibilité ;
- facilite l'accommodation motrice et mentale ;
- met en place une plasticité de dédoublement
précurseur de la conscience entre deux lignées
cognitive et émotionnelle
- lorsqu'elles sont intégrées, les émotions,
loin d'être des résidus perturbateurs,
sont toujours complexes dans leur fonction de lien à
l'ambiance et à autrui.
2. Cognition-Emotion et
processus hypnotiques
En quoi notre modèle développemental
liant fonctionnement mental cognitif et émotionnel
propose-t-il un apport spécifique par rapport
aux théories actuelles du fonctionnement hypnotique
?
Rappelons que la théorie de Hilgard concernant
la néo-dissociation et celle de Spanos concernant
la primauté des facteurs cognitivo-sociaux se
réfèrent à la psychologie cognitive
; l'une, aux modèles modulaires de l'esprit et
l'autre, aux modèles de l'évaluation cognitive
à la base des décisions sociales.
Dans les deux cas, la cognition reste référée
principalement à une logique formelle telle que
définie par Piaget. On note alors un oubli majeur
toujours présent dans la plupart des théories
sur l'hypnose : le rôle des émotions.
Pourtant, dès 1967 Meares postulait que la réponse
hypnotique était associée avec l'espace
"entre deux" qui fait lien interpersonnel.
Barber (1969) et Spanos (1986) ont montré que
l'hypnotisabilité est fonction, pour une part
du contexte, des situations interpersonnelles et des
attentes sociales.
Sheehan et al. 1976 ont montré que les sujets
hautement hypnotisables se trouvent dans un état
de communication cognitive et/ou émotionnelle
avec le thérapeute ou ses suggestions. Shor (1979)
a postulé l'implication des attitudes émotionnelles
des stades précoces du développement dans
l'hypnose. Mais à ma connaissance, ces diverses
hypothèses n'ont jamais été modélisées.
Actuellement, seule la théorie du contrôle
dissociée de Bowers (1992), bien que toujours
modulariste et cognitiviste se rapproche de cette question
des émotions, via le postulat d'une similarité
des réponses entre sujets hypnotisés et
sujets ayant subi une lésion soit du lobe frontal,
soit du striatum. Pour Miller et Bowers (1993) comme
pour Woody et Bowers (1994) il n'y a pas de division
de la conscience. Pour eux, les inductions baissent
le niveau d'intégration des données qui
est d'habitude imposé par la conscience et provoquent
un état similaire aux patients présentant
des désordres du lobe frontal.
Or, c'est également le comportement paradoxal
au point de vue émotionnel de ces sujets lésés
qui a attiré l'attention de Damasio (1995). Il
souligne leur manque d'intégration entre logique
formelle et logique émotionnelle qui produit
une sorte d'homme idéalement rationnel et désespérément
peu adapté au milieu humain à cause de
son manque d'accordage et de son incapacité à
prédire les émotions produites sur autrui.
D'autre part, des recherches récentes (Kihlstrom,
1998) mettent en évidence une distinction entre
perceptions implicites et explicites. Cette différenciation
entre explicite qui exige une reconnaissance et une
évaluation cognitive et implicite qui implique
le vécu subjectif davantage émotionnel
et global se retrouve dans tous les domaines perceptifs
(sensation douloureuse, vision, audition). Par exemple,
dans l'effet de l'observateur caché dans l'expérience
de la douleur, tout se passe comme si les patients percevaient
parfaitement malgré leur affirmation contraire
(Spanos et al. 1983). On peut postuler que la réponse
aux suggestions est caractérisée par une
dissociation entre expressions de la perception explicite
(situation perçue cognitivement et logiquement
et évaluée -niveau physiologique de la
douleur) et perception implicite (situation vécue
émotionnellement prenant sens la vie du sujet
-niveau émotionnel de la douleur). Cette différenciation
entre explicite et implicite met en évidence
de manière expérimentale l'écart
entre perçu et vécu, c'est-à-dire
entre traitement cognitif et traitement émotionnel,
ce que formalise le modèle wallonien exposé.
3. Enseignements cliniques
Enfin, les résultats cliniques de certaines
expériences sont également compatibles
avec l'hypothèse d'une implication du système
d'accordage émotionnel dans l'hypnose. Ces résultats
sont en faveur d'une prise en charge thérapeutique
différentielle selon le mode de rapport au monde
privilégié par les sujets : type "cognitivo-formel"
ou type"accordage-émotionnel".
1) Par exemple, l'examen d'enfants souffrant d'un cancer,
dont certains étaient entraînés
à réduire anxiété et douleur
avec des techniques cognitives de distraction et d'autres
avec des inductions hypnotiques, a mis en évidence
que les enfants hypnotisables connaissent une baisse
de douleur et d'anxiété plus forte, mais
que les enfants peu hypnotisables sont plus répondants
aux techniques de distraction cognitive. De plus, parmi
les parents d'enfants hypnotisables tous se disent très
sensibles au fort rapprochement émotionnel permis
par la technique (Smith J.T, et al., 1996). Ce qui met
en évidence d'une part l'aspect préférentiel
d'un mode de rapport au monde suivant que l'enfant est
ou non hypnotisable et l'aspect émotionnel communicatif
favorisé par l'hypnose.
2) Autre exemple, la comparaison des effets du placebo
et de l'hypnose sur l'analgésie a montré
que le degré de suggestibilité des sujets
faiblement hypnotisables semble dépendant du
contexte (Spanos et al, 1989). En effet, ces sujets
présentent de bas niveaux de suggestibilité
à l'analgésie seulement quand la situation
est définie comme hypnotique.
C'est pourquoi, au point de vue thérapeutique,
il me semble plus juste de considérer que la
théorie des facteurs sociaux et celle de la dissociation
cognitive ne s'excluraient pas ; elles concernent des
niveaux et des temporalités différents
d'un même fonctionnement mental.
Ainsi à partir de l'ancrage corporel se dessinerait
chez l'être humain deux manières de considérer
(percevoir et se situer) le monde : l'une logique et
formelle concernant le contrôle du monde et l'autre
émotionnelle concernant la relation au monde
via le partage de l'ambiance. Les deux sont intégrées
et interagissent sans cesse dans l'accordage au milieu.
Mais lorsqu'il s'agit de favoriser la mise en contact
et l'accordage avec l'ambiance, c'est la logique émotionnelle
qui est mobilisée de manière privilégiée.
D'où, il ressort que l'induction hypnotique peut
et devrait être modulée en fonction du
type de personnalité du sujet, davantage émotionnel
ou formel. Cela en conformité avec les travaux
de Barret 1991 ; Woody et al 1994 ; Miller, Bowers,
1993, montrant que moins une personne est hypnotisable
et plus les techniques cognitives représentationnelles
et d'imagerie réduisent les douleurs.
4. Intérêt
et limite de la modélisation
Tous les auteurs (Kihlstrom, 1998) sont d'accord pour
dire que l'hypnose se produit dans un contexte d'interaction
(avec un locuteur extérieur ou intérieur,
cf. Santiago Delefosse 1997). Mais le lien entre internalité
et extériorité se trouve réduit
aux processus cognitifs pour l'internalité, excluant
le rapport à la corporéité et aux
émotions, et aux processus cognitivo sociaux
pour l'externalité, ignorant le rôle des
émotions dans l'accordage social aussi bien que
les aspects développentaux. Notre modélisation
psycho-développementale éclaire les théorisations
actuelles cognitives et bio-neurologiques en expliquant
le rôle médiateur des émotions par
rapport à la cognition et à la socialité.
Le modèle proposé va dans le sens des
travaux de Bowers au niveau des théories hypnotiques
et du neuropsychiatre Damasio (1994) lorsqu'il montre
la nécessaire intégration des systèmes
cognitif et émotionnel dans l'adaptation au monde.
Point que les théories hypnotiques ne sauraient
ignorer.
La séparation du niveau cognitif ou émotionnel
favorise une désintégration entre systèmes
antagonistes qui ne peuvent plus s'intégrer.
Tout modèle du fonctionnement mental ordinaire
ou hypnotique réduisant l'homme à un de
ces deux niveaux ne peut refléter qu'un déséquilibre
du fonctionnement mental.
Le modèle proposé n'admet pas un état
modifié de conscience spécifique à
l'hypnose et refuse de réduire le fonctionnement
mental hypnotique ou non au seul processus socio-cognitif.
Toutefois, le modèle ne rend pas compte de la
capacité différentielle à produire
des dissociations des systèmes si ce n'est à
envisager un certain nombre de traits de personnalité
C'est-à-dire qu'en dehors de l'hypnose tout sujet
privilégierait davantage un système ou
l'autre dans son rapport au monde. Hypothèse
qui reste à tester.
De même, le rôle des antagonismes dans le
fonctionnement hypnotique serait à développer.
Antagonisme entre systèmes volontaires et automatismes,
antagonismes entre cognition et émotion, et entre
émotion et automatismes pourraient bien rendre
compte des phénomènes hypnotiques tel
que l'observateur caché, les phénomènes
idéomoteurs, etc.
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à Diriger les Recherches
UPRESA CNRS 6053 "Psychanalyse et pratiques sociales
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