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HYPNOSE
: UNE LOGIQUE DE COMMUNICATION ?
Docteur
Patricia PRINCET
Praticien
Hospitalier Psychiatre des Hôpitaux CHS FAINS-VEEL
55000 BAR-LE-DUC
Ce sont à P.WATZLAWICK, J. HELMICK
BEAVIN et D-D- JACKSON (4) que nous devons
l'élaboration de la Théorie de la Communication
définie à partir des travaux de G.BATESON
(1) et décrite
dans l'ouvrage suivant : "Une Logique de la Communication".
Lorsque l'on associe l'Hypnose à la Communication
,la première réflexion qui nous vient
à l'esprit est de savoir si l'Hypnose rentre
dans cette Logique de Communication et de quelle façon
: théorique ou pratique ou les deux. C'est pourquoi
nous avons eu envie de confronter l'Hypnose à
la Théorie de la Communication et de voir si
elle répond aux cinq axiomes proposés
par WATZLAWICK et ses collaborateurs et utilisables
dans la relation humaine.
Le premier Axiome : " il est impossible
de ne pas communiquer ".
Est-il de la même façon
impossible de ne pas être en état de conscience
modifiée?
L'observation de la vie courante répond
à cette question. Lorsque l'on est totalement
concentré sur un livre par exemple, on peut devenir
totalement insensible aux stimuli du monde extérieur
. Il s'agit, certes, d'un état superficiel de
conscience modifiée et le retour à un
état normal se fait rapidement mais déjà
tout individu semble avoir les capacités à
moduler son propre niveau de conscience. Dans la pratique
clinique, il est clairement établi que seul environ
5% de la population n'est " pas hypnotisable "
pour des raisons plus de pathologie que de normalité.
Enfin, si l'on prend cet axiome dans le sens que même
ne rien dire c'est déjà communiquer une
opposition, refuser la suggestion peut cacher une hypersuggestibilité
dont on est conscient et que l'on craint.
Le deuxième Axiome : " Toute
communication présente deux aspects : le contenu
et la relation, tels que le deuxième englobe
le premier et par la suite, est une métacommunication
(c'est à dire une communication sur la communication
".
Dans la pratique de l'hypnose quel qu'en
soit le but, on retrouve ces deux aspects : le contenu
c'est à dire tout ce qui est de l'ordre de la
technique (induction, déroulement de la transe,
suggestions post hypnotiques, réveil) et la relation
entre l'hypnotiseur et l'hypnotisé. La métacommunication
fait aussi partie d'une séance d'hypnose puisque
généralement après l'expérience
de la transe ,on interroge le sujet sur son vécu.
Le troisième Axiome : "
la nature de la relation dépend de la ponctuation
et des séquences de communication entre les partenaires
".
Il est sur que selon la finalité
d'une séance d'hypnose (thérapie, groupe,
expérimentation etc...), l'hypnotiseur modulera
sa pratique. Les séances seront de durée
variable; leur déroulement dépendra de
la finalité à atteindre.
Le quatrième Axiome : "
les êtres humains usent de deux modes de communication
définissant deux canaux de la communication :
la communication digitale possédant une syntaxe
logique mais manquant de sémantique qui elle
détermine le canal verbal ".
Ces deux canaux sont utilisés
à chaque étape d'une séance d'hypnose
depuis l'induction qui peut utiliser aussi bien une
méthode verbale souvent la plus courante qu'une
méthode non verbale (position du corps par exemple);
et même on utilise les deux canaux pour procéder
à une induction conduisant à une transe
profonde.
Le cinquième Axiome : "
Tout échange de communication est symétrique
ou complémentaire, selon qu'il se fonde sur l'égalité
ou la différence ".
On serait enclin à classer la
relation hypnotique dans la différence mais l'échange
est-il alors complémentaire ? L'hypnotiseur a-t-il
absolument besoin de l'hypnotisé et vice versa,
pour établir une communication ? L'autohypnose
sortirait-elle alors du cadre de la définition
de l'hypnose comme communication ?
A partir de ces cinq axiomes, on peut
définir une technique de communication reposant
sur différents concepts comme :
les domaines de communication que sont
la syntaxe, la sémantique et la pragmatique;
la notion de relation;
l'information et la notion de rétroaction;
la redondance;
la circularité des modèles
de communication;
la relativité du normal et du
pathologique.
Cette technique dispose d'outils qui ne
sont pas spécifiques à l'hypnose mais
qui peuvent are utilisés lors de la communication
hypnotique. On retrouvera ces outils comme la métaphore,
le double lien, le travail avec la négation,
le questionnement, la connotation positive, le choix
illusoire etc..., lors de séance d'hypnothérapie.
Ceci est d'ailleurs à la base des techniques
éricksoniennes décrites par J.A. MALAREWICZ
(3), mais on retrouve
ce même souci de communication chez CHERTOK lorsqu'il
dit parlant de la transe :" durant cet état,
le sujet restera en communication avec le médecin
" (2).
En conclusion, il apparaît que
l'hypnose répond aux axiomes de la théorie
de la communication. De ceci découle deux réflexions
: La première est qu'au niveau théorique
le rapprochement avec la théorie de la communication
permet de donnée à l'Hypnose certaines
explications. La deuxième est que la pratique
ce trouve guidée par la théorie.
BIBLIOGRAPHIE
l-BATESON G. Vers une écologie
de l'esprit. Tome 1 et 2 ,Seuil Ed;, Paris 1977 et1981
2-CHERTOK L. L'hypnose Petite Bibliothèque
Payot, Payot Ed;, Pads 1989
3-MALAREWIC, J.A. Cours d'Hypnose
Clinique, ESF Ed;,Paris 1990
4-WATLAWICK P., HELMICK BEAVIN J.,
JACKSON D. Une Logique de Communication. Seuil Ed;,Paris
1972
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