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HYPNOSE, LANGAGE et COMMUNICATION

PARIS, 1996, Colloque International Francophone

 

HYPNOSE : UNE LOGIQUE DE COMMUNICATION ?

Docteur Patricia PRINCET
Praticien Hospitalier Psychiatre des Hôpitaux CHS FAINS-VEEL 55000 BAR-LE-DUC

 

Ce sont à P.WATZLAWICK, J. HELMICK BEAVIN et D-D- JACKSON (4) que nous devons l'élaboration de la Théorie de la Communication définie à partir des travaux de G.BATESON (1) et décrite dans l'ouvrage suivant : "Une Logique de la Communication". Lorsque l'on associe l'Hypnose à la Communication ,la première réflexion qui nous vient à l'esprit est de savoir si l'Hypnose rentre dans cette Logique de Communication et de quelle façon : théorique ou pratique ou les deux. C'est pourquoi nous avons eu envie de confronter l'Hypnose à la Théorie de la Communication et de voir si elle répond aux cinq axiomes proposés par WATZLAWICK et ses collaborateurs et utilisables dans la relation humaine.

Le premier Axiome : " il est impossible de ne pas communiquer ".

Est-il de la même façon impossible de ne pas être en état de conscience modifiée?

L'observation de la vie courante répond à cette question. Lorsque l'on est totalement concentré sur un livre par exemple, on peut devenir totalement insensible aux stimuli du monde extérieur . Il s'agit, certes, d'un état superficiel de conscience modifiée et le retour à un état normal se fait rapidement mais déjà tout individu semble avoir les capacités à moduler son propre niveau de conscience. Dans la pratique clinique, il est clairement établi que seul environ 5% de la population n'est " pas hypnotisable " pour des raisons plus de pathologie que de normalité. Enfin, si l'on prend cet axiome dans le sens que même ne rien dire c'est déjà communiquer une opposition, refuser la suggestion peut cacher une hypersuggestibilité dont on est conscient et que l'on craint.

Le deuxième Axiome : " Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tels que le deuxième englobe le premier et par la suite, est une métacommunication (c'est à dire une communication sur la communication ".

Dans la pratique de l'hypnose quel qu'en soit le but, on retrouve ces deux aspects : le contenu c'est à dire tout ce qui est de l'ordre de la technique (induction, déroulement de la transe, suggestions post hypnotiques, réveil) et la relation entre l'hypnotiseur et l'hypnotisé. La métacommunication fait aussi partie d'une séance d'hypnose puisque généralement après l'expérience de la transe ,on interroge le sujet sur son vécu.

Le troisième Axiome : " la nature de la relation dépend de la ponctuation et des séquences de communication entre les partenaires ".

Il est sur que selon la finalité d'une séance d'hypnose (thérapie, groupe, expérimentation etc...), l'hypnotiseur modulera sa pratique. Les séances seront de durée variable; leur déroulement dépendra de la finalité à atteindre.

Le quatrième Axiome : " les êtres humains usent de deux modes de communication définissant deux canaux de la communication : la communication digitale possédant une syntaxe logique mais manquant de sémantique qui elle détermine le canal verbal ".

Ces deux canaux sont utilisés à chaque étape d'une séance d'hypnose depuis l'induction qui peut utiliser aussi bien une méthode verbale souvent la plus courante qu'une méthode non verbale (position du corps par exemple); et même on utilise les deux canaux pour procéder à une induction conduisant à une transe profonde.

Le cinquième Axiome : " Tout échange de communication est symétrique ou complémentaire, selon qu'il se fonde sur l'égalité ou la différence ".

On serait enclin à classer la relation hypnotique dans la différence mais l'échange est-il alors complémentaire ? L'hypnotiseur a-t-il absolument besoin de l'hypnotisé et vice versa, pour établir une communication ? L'autohypnose sortirait-elle alors du cadre de la définition de l'hypnose comme communication ?

A partir de ces cinq axiomes, on peut définir une technique de communication reposant sur différents concepts comme :

les domaines de communication que sont la syntaxe, la sémantique et la pragmatique;

la notion de relation;

l'information et la notion de rétroaction;

la redondance;

la circularité des modèles de communication;

la relativité du normal et du pathologique.

Cette technique dispose d'outils qui ne sont pas spécifiques à l'hypnose mais qui peuvent are utilisés lors de la communication hypnotique. On retrouvera ces outils comme la métaphore, le double lien, le travail avec la négation, le questionnement, la connotation positive, le choix illusoire etc..., lors de séance d'hypnothérapie. Ceci est d'ailleurs à la base des techniques éricksoniennes décrites par J.A. MALAREWICZ (3), mais on retrouve ce même souci de communication chez CHERTOK lorsqu'il dit parlant de la transe :" durant cet état, le sujet restera en communication avec le médecin " (2).

En conclusion, il apparaît que l'hypnose répond aux axiomes de la théorie de la communication. De ceci découle deux réflexions : La première est qu'au niveau théorique le rapprochement avec la théorie de la communication permet de donnée à l'Hypnose certaines explications. La deuxième est que la pratique ce trouve guidée par la théorie.

BIBLIOGRAPHIE

l-BATESON G. Vers une écologie de l'esprit. Tome 1 et 2 ,Seuil Ed;, Paris 1977 et1981

2-CHERTOK L. L'hypnose Petite Bibliothèque Payot, Payot Ed;, Pads 1989

3-MALAREWIC, J.A. Cours d'Hypnose Clinique, ESF Ed;,Paris 1990

4-WATLAWICK P., HELMICK BEAVIN J., JACKSON D. Une Logique de Communication. Seuil Ed;,Paris 1972

 

 

Dernière modification 16/06/09

 

 


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