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(SE) COMMUNIQUER"
AVEC UN PSYCHOTIQUE (HYPNOTHERAPIE D'UN SCHIZOPHRENE)
Oleg
POLIAKOW
1.- CHAMP LEXICAL COUVERT PAR LE
VERBE "COMMUNIQUER".
Le champ Iexical.
Ensemble de termes en relations réciproques
tel que le sens, l'emploi ou l'usage que nous en faisons,
dépendant étroitement de ceux des autres
et que tout changement de sens de l'un de ces termes
produit immanquablement un effet sur celui des autres.
Communiquer.
(D'après le Littré)
1. Rendre commun, faire part, transmettre.
2. Donner communication.
3. Avoir des relations, être en
rapport avec quelqu'un
4. Se communiquer. (C'est
moi qui souligne)
Exemple:- Le mouvement d'un corps se
communique à un autre.
Communicatif.
(Toujours d'après le Littré
)
1. Qui se communique, se gagne
. (C'est moi qui souligne). Exemple :- Le rire
est communicatif
2. Qui aime à communiquer. Dans
ce sens trois acceptions intéressantes:- Ouvrir
son coeur- Se rendre familier, visible, accessible.-
Communiquer à autrui ses sentiments, ses idées,
ses opinions.
2.- HYPNOTHERAPIE / PSYCHOTHERAPIE.
Hypnothérapie.
Mot composé (hypno / thérapie)
dont le premier terme (hypnose) précise l'agent
utilisé aux fins indiquées parle second
terme (thérapie ).
L'hypnose est donc un agent. Mais un
agent qui s'inscrit dans un processus psychothérapique
mis en place et conduit par un thérapeute. (Il
peut s'inscrire dans un processus analgésique).
Cependant l'agent seul ne suffit pas.
Un projet est absolument nécessaire, au
sein duquel l'agent trouve sa place et déploie
son efficacité. Et donc une technique éclairée
par une théorie, ainsi qu'une adaptation
mesurée de cette technique - et du thérapeute
qui en use - aux particularités de chaque patient,
à ses attentes et à ses besoins. Une adaptation
qui exige de la part du thérapeute des qualités
d'écoute et de présence à l'autre
qui sont, quoi qu'on dise, hors du commun. Pour tout
dire, un certain art.
Hypnose en tant qu'agent, soit, mais
à condition de s'inscrire dans une approche cohérente
assumée par un thérapeute doté
d'une qualité de présence à l'autre
on ne peut plus satisfaisante.
Psychothérapie.
Egalement mot composé (psycho
/ thérapie) dont le premier terme peut ici préciser:
-Soit, comme dans le cas précédent,
un agent utilisé à des fins thérapeutiques.
-Soit la partie du corps qui subit le
traitement (par exemple: dermatothérapie).
Dans "psychothérapie" iI s'agirait
de la "psyché" .
La psyché, dans l'acception ici
présentée, serait tout à la fois
agent thérapeutique et partie intégrante
(âme ?) d'un sujet
sur qui s'exerce un traitement.
=> La psyché
en tant que partie intégrante d'un
sujet (âme) est bien sûr
celle du patient qui souffre.
=> La psyché en
tant qu'agent thérapeutique
est alors - à l'évidence - celle du thérapeute.
A une condition : qu'il soit, lui, thérapeute,
en état d'hypnose ( => hypnose en tant qu'agent
thérapeutique).
C'est le "schéma" que je propose
pour aborder la psychose schizophrénique. C'est
le schéma que j'ai utilisé et qui m'apparaît,
au vu des résultats, assez prometteur.
3.- "SE COMMUNIQUER" AVEC LE SCHIZOPHRENE.
Se communiquer.
Dans les deux exemples cités plus
haut ( "Le mouvement d'un corps se communique
à un autre". "Le rire se communique."
) la valeur du pronom complément est réfléchie.
Mais cette valeur, avec l'usage et le temps s'est infléchie
dans un sens passif Et c'est bien la signification que
revêtent ces deux exemples. C'est passivement
(malgré eux?) que le mouvement et le rire se
communiquent. Comme l'ennui qui nous fait bailler. Ou
la maladie qui "s'attrape" lorsqu'elle est contagieuse.
Là aussi "cela se communique "
!
Alors pourquoi pas la vie? La vie psychique
s'entend. Pourquoi ne pas envisager la possibilité
de voir une telle vie se communiquer à
un autre, à un patient dont la vie en suspens
serait en attente d'elle-même? Rien ne s'y oppose,
en effet, si ce n'est le flou de ce concept (la vie
psychique), et l'indétermination de sa valeur
opératoire. Une difficulté que mon travail
tentera de résoudre.
"Etre-avec-l'autre-en-hypnose".
On a toujours étudié les
effets de l'hypnose sur un sujet qui était le
patient. C'est lui qui était l'objet des observations,
très précises au demeurant, des thérapeutes.
On notait avec pertinence que l'hypnose se déroulait
dans le sujet, que l'hypnothérapeute n'était
en vérité qu'un "accompagnateur" favorisant
l'actualisation paisible de cet état. On se réjouissait
de voir au cours de l'hypnothérapie, et l'éveil
des potentialités du sujet, et la mise en harmonie
de perspectives anciennes oubliées, "retrouvailles"
avec un mieux-être qui n'était indéfinissable
que parce qu'il n'appelait aucune justification.
Or une telle attitude est impossible
avec un schizophrène. Sa vie est encore à
l'état latent. Elle est presque là, mais
pas encore vécue. Pas encore "jetée" ici-bas.
Un peu hors du monde, comme un souffle retenu qui s'essouffle
de n'être murmuré.
C'est au thérapeute en état
d'hypnose qu'il appartiendra de saisir, en
lui , l'indice le plus ténu
de ce souffle, de cet éveil que j'aimerais ici
apparenter à celui du Commencement biblique,
du "Béréchit", il s'agit ici de recourir
au mythe fondateur, d'y recourir de l'intérieur.
Et s'il importe de saisir ce souffle à l'état
naissant c'est afin qu'il se communique par
et dans une relation, prémices
d'un "jeté-ici-bas".
C'est à présenter cette
communication que sera consacré mon travail.
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