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HYPNOSE, LANGAGE et COMMUNICATION

PARIS, 1996, Colloque International Francophone

 

(SE) COMMUNIQUER" AVEC UN PSYCHOTIQUE (HYPNOTHERAPIE D'UN SCHIZOPHRENE)

Oleg POLIAKOW

 

1.- CHAMP LEXICAL COUVERT PAR LE VERBE "COMMUNIQUER".

Le champ Iexical.

Ensemble de termes en relations réciproques tel que le sens, l'emploi ou l'usage que nous en faisons, dépendant étroitement de ceux des autres et que tout changement de sens de l'un de ces termes produit immanquablement un effet sur celui des autres.

Communiquer.

(D'après le Littré)

1. Rendre commun, faire part, transmettre.

2. Donner communication.

3. Avoir des relations, être en rapport avec quelqu'un

4. Se communiquer. (C'est moi qui souligne)

Exemple:- Le mouvement d'un corps se communique à un autre.

Communicatif.

(Toujours d'après le Littré )

1. Qui se communique, se gagne . (C'est moi qui souligne). Exemple :- Le rire est communicatif

2. Qui aime à communiquer. Dans ce sens trois acceptions intéressantes:- Ouvrir son coeur- Se rendre familier, visible, accessible.- Communiquer à autrui ses sentiments, ses idées, ses opinions.

2.- HYPNOTHERAPIE / PSYCHOTHERAPIE.

Hypnothérapie.

Mot composé (hypno / thérapie) dont le premier terme (hypnose) précise l'agent utilisé aux fins indiquées parle second terme (thérapie ).

L'hypnose est donc un agent. Mais un agent qui s'inscrit dans un processus psychothérapique mis en place et conduit par un thérapeute. (Il peut s'inscrire dans un processus analgésique).

Cependant l'agent seul ne suffit pas. Un projet est absolument nécessaire, au sein duquel l'agent trouve sa place et déploie son efficacité. Et donc une technique éclairée par une théorie, ainsi qu'une adaptation mesurée de cette technique - et du thérapeute qui en use - aux particularités de chaque patient, à ses attentes et à ses besoins. Une adaptation qui exige de la part du thérapeute des qualités d'écoute et de présence à l'autre qui sont, quoi qu'on dise, hors du commun. Pour tout dire, un certain art.

Hypnose en tant qu'agent, soit, mais à condition de s'inscrire dans une approche cohérente assumée par un thérapeute doté d'une qualité de présence à l'autre on ne peut plus satisfaisante.

Psychothérapie.

Egalement mot composé (psycho / thérapie) dont le premier terme peut ici préciser:

-Soit, comme dans le cas précédent, un agent utilisé à des fins thérapeutiques.

-Soit la partie du corps qui subit le traitement (par exemple: dermatothérapie).

Dans "psychothérapie" iI s'agirait de la "psyché" .

La psyché, dans l'acception ici présentée, serait tout à la fois agent thérapeutique et partie intégrante (âme ?) d'un sujet sur qui s'exerce un traitement.

=> La psyché en tant que partie intégrante d'un sujet (âme) est bien sûr celle du patient qui souffre.

=> La psyché en tant qu'agent thérapeutique est alors - à l'évidence - celle du thérapeute. A une condition : qu'il soit, lui, thérapeute, en état d'hypnose ( => hypnose en tant qu'agent thérapeutique).

C'est le "schéma" que je propose pour aborder la psychose schizophrénique. C'est le schéma que j'ai utilisé et qui m'apparaît, au vu des résultats, assez prometteur.

3.- "SE COMMUNIQUER" AVEC LE SCHIZOPHRENE.

Se communiquer.

Dans les deux exemples cités plus haut ( "Le mouvement d'un corps se communique à un autre". "Le rire se communique." ) la valeur du pronom complément est réfléchie. Mais cette valeur, avec l'usage et le temps s'est infléchie dans un sens passif Et c'est bien la signification que revêtent ces deux exemples. C'est passivement (malgré eux?) que le mouvement et le rire se communiquent. Comme l'ennui qui nous fait bailler. Ou la maladie qui "s'attrape" lorsqu'elle est contagieuse. Là aussi "cela se communique " !

Alors pourquoi pas la vie? La vie psychique s'entend. Pourquoi ne pas envisager la possibilité de voir une telle vie se communiquer à un autre, à un patient dont la vie en suspens serait en attente d'elle-même? Rien ne s'y oppose, en effet, si ce n'est le flou de ce concept (la vie psychique), et l'indétermination de sa valeur opératoire. Une difficulté que mon travail tentera de résoudre.

"Etre-avec-l'autre-en-hypnose".

On a toujours étudié les effets de l'hypnose sur un sujet qui était le patient. C'est lui qui était l'objet des observations, très précises au demeurant, des thérapeutes. On notait avec pertinence que l'hypnose se déroulait dans le sujet, que l'hypnothérapeute n'était en vérité qu'un "accompagnateur" favorisant l'actualisation paisible de cet état. On se réjouissait de voir au cours de l'hypnothérapie, et l'éveil des potentialités du sujet, et la mise en harmonie de perspectives anciennes oubliées, "retrouvailles" avec un mieux-être qui n'était indéfinissable que parce qu'il n'appelait aucune justification.

Or une telle attitude est impossible avec un schizophrène. Sa vie est encore à l'état latent. Elle est presque là, mais pas encore vécue. Pas encore "jetée" ici-bas. Un peu hors du monde, comme un souffle retenu qui s'essouffle de n'être murmuré.

C'est au thérapeute en état d'hypnose qu'il appartiendra de saisir, en lui , l'indice le plus ténu de ce souffle, de cet éveil que j'aimerais ici apparenter à celui du Commencement biblique, du "Béréchit", il s'agit ici de recourir au mythe fondateur, d'y recourir de l'intérieur. Et s'il importe de saisir ce souffle à l'état naissant c'est afin qu'il se communique par et dans une relation, prémices d'un "jeté-ici-bas".

C'est à présenter cette communication que sera consacré mon travail.

 

 

 

Dernière modification 16/06/09

 

 


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