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Un
atterrissage en douceur :
Hypnose,
Langage et Communication
à partir des travaux cliniques de Joseph Barber
Judith
Fleiss
Depuis quelques années, Joseph
Barber vient régulièrement à Paris
travailler avec un groupe de formation en hypnose, que
j 'anime. Pendant ces week-ends de travail, lors des
démonstrations (que nous enregistrons et dont
j 'assure la traduction), je peux apprécier la
nature tout à fait particulière de la
communication induite dans la relation hypnotique créée
par Joseph Barber avec ses interlocuteurs, Il m 'apparaît
donc intéressant de présenter ce travail
au public de ce colloque,
Joseph Barber a écrit à
propos de son "modèle de serrurier" que "l 'efficacité
de l 'hypnose est une fonction de l'altération
dans l'état et les facteurs interpersonnels.
Parfois, il est question de l 'un, parfois, de l'autre".
Souvent, il m 'est arrivé, en regardant Joseph
Barber travailler de façon poétique et
percutante, de penser à l 'article de Michael
Diamond: Il faut être deux pour faire du tango,
et à l'importance négligée du thérapeute
dans une relation interactive. Diamond se demande pourquoi
certains hypnothérapeutes apportent à
leurs interlocuteurs dans la relation hypnotique une
expérience de transe plus profonde et plus significative,
et il suggère que "les hypnothérapeutes
les plus compétents pourraient bien être
ceux qui sont le plus capables d 'entrer dans un lien
empathique intensifié avec leurs patients".
Bien que les éléments relationnels
de l'expérience hypnotique ne soient pas très
bien compris, décidément, ce qui me frappe
d 'emblée dans la façon très spontanée,
mais jamais intrusive, dont Joseph Barber intervient,
est surtout l'aisance et la vitesse avec lesquelles
il réussit à créer un espace de
jeu, de "togetherness", d' "être ensemble", dès
les premiers mots, les premiers regards. Tout en créant
un lien solide, qui facilite l'établissement
d 'une atmosphère de grande sécurité
et d 'ouverture aux processus créatifs, il encourage
à la fois une permissivité dans la proximité
et un sentiment partagé de potentiel et de magie:
une aventure à deux, qui met souvent en évidence
son humour, sa sensibilité et sa propre curiosité,
On peut certainement accorder de l'importance
à son expérience de thérapeute
gestalt et à ses notions de base analytique concernant,
par exemple, l'importance de créer un environnement
nourrissant et sécurisant de "holding" winnicottien,
dans lequel chacun peut évoluer par rapport aux
processus inconscients; ainsi qu 'à son expérience
personnelle de transe profonde avec Milton E. Erikson
et à ses longues années de travail utilisant
l'hypnose par rapport à la gestion de la douleur,
lorsqu 'on essaie de comprendre un peu mieux la qualité
exceptionnelle de sa présence en séance.
Mais je préfère me limiter, dans ma présentation,
à des exemples concrets, à ce qu 'on peut
observer lors des démonstrations.
J 'aimerais également aborder les
effets de l'hypnose sur le contenu de la communication
chez le thérapeute et son interlocuteur. Joseph
Barber pense qu 'il n 'est pas en transe au moment où
il induit un état hypnotique chez son interlocuteur.
Par transe, il veut dire "quelque chose de très
spécifique et très spectaculaire par rapport
à l'état normal d 'éveil. Une expérience
qui n 'implique pas seulement une attention hautement
focalisée, une attention plus étroite,
mais aussi un sujet dissocié de la réalité
externe (et pas seulement inattentif à cette
réalité). La personne en transe peut montrer
des phénomènes hypnotiques classiques
(amnésie, analgésie...)". Barber pense
qu 'il est plutôt dans un état hautement
focalisé. Il maintient ainsi la distinction entre
un état hautement focalisé et un état
hypnotique. D 'autres thérapeutes, à l'instar
d 'Erickson, parleraient de "la transe interpersonnelle
orientée vers l'extérieur" élaborée
par Erickson ("externally oriented interpersonal trance").
Je citerai plusieurs thérapeutes américains,
ericksoniens et non ericksoniens, concernant cette question
de transe et de non-transe chez le psychothérapeute,
à partir des travaux cliniques de Joseph Barber.
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