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Présentation
du sujet
L'usage
des termes rapport magnétique qui désigne
selon Franz Anton Mesmer (1734-1815) une relation de
dépendance qui naît et se développe
dans le processus thérapeutique entre magnétiseur
et magnétisé, s'élargit avec Amand-Marie-Jacques
de Chastenet, Marquis de Puységur (1751-1825)
lorsqu'il explique la possibilité de " mettre
en rapport " par son intermédiaire et sa
volonté deux somnambules magnétisés
(Processus d'électivité). Puységur
établit ainsi le " rapport magnétique
" : magnétiseur et patient doivent mettre
en connexion leur fluide magnétique, afin qu'une
" circulation " s'établisse, dirigée
alors par la volonté de l'opérateur. Le
magnétiseur peut dès cet instant agir
sur le corps du patient laissant s'exprimer ses désirs
par sa volonté. Le patient est à ce moment
en état somnambulique, voire en transe profonde.
Le rapport peut alors être institué : le
thérapeute doit en manifester par sa volonté
un désir intense, cependant qu'il place une ou
deux mains sur la tête ou sur l'épigastre
du patient. Le rapport peut se poursuivre alors en l'absence
de contact, voire même être transféré
sur un autre opérateur. " Croyez
et veuillez sont les mots clefs " disait
Puységur. Il note par ailleurs que le magnétisé
n'est sensible qu'à sa voix, ou à celle
sur qui le rapport à été transféré.
C'est après 1850 que se fait en France le passage
du magnétisme animal à l'hypnose, sous
l'influence du célèbre Abbé José-Custodio
de Faria (1756-1819) et de l'un de ses proches amis,
le médecin Alexandre Bertrand (1795-1831). Faria
fonde le terme de sommeil lucide en remplacement
de somnambulisme magnétique. Bertrand
rapporte comment Faria procédait : il demandait
à la personne de clore les paupières et
de méditer. Puis, soudainement, il disait d'une
voix forte et impérative " dormez ".
Cela déclenchait un sursaut du corps, la survenue
de sueur, de chaleur et parfois de somnambulisme. Il
lui arrivait de recommencer trois ou quatre fois, après
quoi, en cas d'échec, il disait que la personne
était incapable d'entrer en sommeil lucide.
En Angleterre, James Braid (1795-1860), aux Etats-Unis
La Roy Sunderland (1804-1885), W.B. Fahnestock et J.K.
Mitchell (1798-1858), intéressés par le
magnétisme, le rejetèrent au profit d'autres
explications.
Mais il faut attendre que Pierre Janet (1859-1947) fonde
le concept de désagrégation psychologique
pour que le rapport hypnotique acquière un véritable
statut théorique. L'émergence d'une "
personnalité seconde ", évoque
très justement l'état somnambulique, et
l'échange électif qui s'en suit,
celui spécifique du fameux rapport. Les deux
personnalités, première et seconde
coexistent, alors que pour certains dans le somnambulisme
elles se succédaient.
Nous savons aujourd'hui par notre expérience
clinique que la dissociation est un phénomène
progressif, allant d'une dissociation légère,
celle de la distraction, à des dissociations
extrêmement profondes, dans les cultes de possession
ou les états mystiques par exemple. Ces processus
dissociatifs se devraient d'ailleurs d'être étudiés
tant ils se rapprochent, voire se fondent avec certaines
formes de clivage psychotique, dont nous savons qu'ils
s'accompagnent de transfert intenses et d'ouverture
sur le fantastique. Le rapport hypnotique est
donc clairement la mise en rapport élective de
la part dissociée d'une personne avec une autre,
elle-même dissociée ou non, sans oublier
que la partie première des protagonistes est
toujours prête à faire surface
Elle
est seulement au second rang.
Le rapprochement du rapport hypnotique d'avec le transfert
selon Freud a pu faire dire que " l'hypnose n'était
qu'un transfert ", du simple fait de l'hypothèse
freudienne du passage par la soumission, celle de l'analysant
qui retrouve l'attitude de l'enfant (1). Pourtant le
rapport hypnotique ainsi que la transe ne peuvent pas
s'accommoder de la théorie d'un inconscient restreint
au produit du refoulement. La théorie de la dissociation
(les états hypnoïdes de Breuer, les travaux
de Hilgard, la clinique de Milton Erickson jusqu'aux
travaux en neurophysiologie
) confine le produit
du refoulement dans une partie restreinte d'un inconscient
infiniment plus vaste que l'inconscient freudien, et
cautionne les critiques que Morton Prince (2) formulaient
à Freud : une théorie de la dissociation
doit rendre compte de tous les cas de dissociation et
s'y appliquer.
Erickson et Jung ont en commun l'idée d'un inconscient
beaucoup plus vaste et réservoir de ressources,
source de restructuration chez l'un et ouverture sur
l'inconscient collectif chez l'autre.
La dissociation commune à toutes les formes de
transe permet un mode de communication spécifique
qui caractérise le travail thérapeutique
de ces grands maîtres : l'art de la mise en relation
du rapport magnétique à l'alliance thérapeutique.
L'alliance thérapeutique se définit comme
le lien patient/thérapeute qui se créer
dans un esprit de collaboration, les protagonistes
s'entendent sur leurs tâches respectives,
et les considèrent comme importantes et pertinentes.
Les objectifs de la thérapie sont clairs,
bien compris et endossés par les deux
parties. Un lien affectif basé sur la
confiance, l'implication, l'acceptation ainsi qu'une
grande empathie de la part du thérapeute
relient les deux personnes (3, 4, 5)
De nombreuses recherches se sont succédées
depuis les travaux de précurseurs tels Luborsky
et Co de l'Université de Pensylvanie (6) (Echelles
d'alliances aidantes de Pensylvanie, Pen helping alliance)
ou Marziali, Marmar et Krupnick, de la Fondation Menninger,
qui définirent dans le cadre d'un projet de recherche
sur les psychothérapies, l'alliance thérapeutique
non seulement comme un pré-requis pour le travail
thérapeutique, mais aussi comme le principal
vecteur du profil de changement (7). Selon une vaste
synthèse d'études, publiée en 2003
(8), le rôle du patient serait déterminant
pour ce que constitue une bonne alliance thérapeutique.
En effet implication et détermination joueraient
pour quarante pour cent dans les chances de réussite
de la thérapie. Il semble que l'aspect le plus
important de l'implication du patient (une notion
qui englobe à la fois engagement et action) soit
son intention sincère de collaborer au processus
thérapeutique. La bonne volonté, les efforts
consentis et l'ouverture d'esprit seraient déterminants.
Une étude a d'ailleurs démontré
(9) la forte corrélation entre l'ouverture
initiale du patient et le succès à court
et long termes de la thérapie. On y faisait aussi
remarquer que la confiance et l'esprit de collaboration
démontrés par le thérapeute peuvent
avoir une influence positive sur l'implication du patient.
Enfin citons cette étude publiée par la
Harvard Medical School (10), qui mentionne que le patient
doit être motivé, participer activement
au traitement et être prêt à faire
face à d'intenses émotions et le rôle
important de l'utilisation de métaphore dans
l'établissement d'une alliance, en particulier
chez l'enfant (11).
Appel
à communication : Thèmes du colloque
[English
version]
Lien affectif, empathie, vigueur et détermination
Voici qui est évocateur de caractéristiques
souvent mentionnées dans les pratiques d'hypnothérapie.
- L'hypnose est-elle un outil d'étude de l'alliance
thérapeutique ?
- L'hypnose serait-elle un outil facilitateur ?
- L'alliance hypnothérapeutique est-elle spécifique
?
- La question de l'alliance dans l'approche médicale
de l'hypnose ? Spécificités ?
- Existe-t-il une corrélation entre intensité
de la dissociation et qualité de l'alliance thérapeutique
?
- Place et rôle du langage ?
- Place et rôle du symbole ?
- Quel serait le rôle de la métaphore dans
le processus d'une alliance partagée dans l'imaginaire
?
- Quel est l'impact affectif sur les protagonistes de
cette construction ?
- Qu'en est-il du jeu subtil entre les " personnalités
secondes ", du thérapeute et du patient
?
- Quels liens entre l'alliance et le cadre en tant que
scène d'un théâtre où s'exprime
le jeu de ces acteurs ?
- Spécificités de l'alliance hypnothérapeutique
avec les enfants ou encore avec plusieurs membres d'une
même famille ?
- Quels liens entre l'alliance thérapeutique
et le rituel ?
- Quels sont la place et l'impact des théories
et du cadre sur la mise en place du théâtre,
lieu d'expression de l'alliance thérapeutique
?
- L'alliance thérapeutique et le chamane : le
concept d'alliance thérapeutique s'étend-il
aux tradithérapies ?
- Apports des études anthropologiques ?
Pour
ceux qui souhaitent communiquer :
- merci de remplir le formulaire de soumission en
cliquant ici
- et de l'envoyer avant le 01 mai 2008
Après concertation, le comité scientifique
du GEAMH vous fera parvenir sa décision : fin
juin 2008.
Tous les résumés
sont à envoyer impérativement :
- soit par courriel (préférentiellement)
: GEAMHcolloque08@aol.com
- soit par courrier, à l'adresse suivante :
Madame Christelle MAZEVET-COLLOT / Colloque GEAMH
4 rue Chomel 75007 Paris.
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le formulaire de soumission]
Bibliographie
1. Sédat Jacques,
Le déclin du transfert, une invention freudienne,
in Les Carnets de la psychanalyse, N° 18, 2006,
P25.
2. Prince Morton, The mechanism and interpretation of
dreams, The Journal of Abnormal Psychology, October-
November, 1910
3. Summers RF, Barber JP. Therapeutic
alliance as a measurable psychotherapy skill. Acad
Psychiatry. 2003 - Fall; 27 (3):160-5. Synthèse
d'études.. Martin DJ, Garske JP, Davis MK. Relation
of the therapeutic alliance with outcome and other variables:
a meta-analytic review. J Consult Clin
4. Hubble Mark, Duncan Barry, Miller Scott. The Heart
& Soul of Change - What Works in Therapy, American
Psychological Association, États-Unis, 2003.
5. Gaston L. The concept of the alliance and its role
in psychotherapy: Theoretical and empirical considerations.
Psychotherapy, 27, 1990, p. 143-153
6. Luborsky L, Luborsky E, 1992, Evaluation des phénomènes
transférentiels par différentes méthodes
dont celle du " thème relationnel conflictuel
central ", in Guerin P, Dazord A, Recherches cliniques
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méthodologie. Paris Inserm, pp. 35-54
7. Castonguay LG, Goldfried MR, Wiser S, Raue PJ, Hayes
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the effect of cognitive therapy for depression: a study
of unique and common factors. J Consult Clin Psychol.
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Roth Anthony, Fonagy Peter. What works for whom? - A
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9. Ambuhl H, Grawe K. The
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Z Klin Psychol Psychopathol Psychother. 1988; 36 (4):308-27.
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review of thrapist characteristics and techniques positively
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Rev.
10. Craig Miller Dr Michael. How important is the therapeutic
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11. Sommers-Flanagan J, Sommers-Flanagan R, The
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