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HYPNOSE et DISSOCIATION PSYCHIQUE

PARIS, 08 & 09 Octobre 2004, Colloque International Francophone

 

Crime et déambulation

Madame Carmen URQUIETA
Psychologue
et
Madame Isabelle de KOCHKO
Psychologue et psychothérapeute

Nous avons publié récemment dans la revue " Migrations Santé " un article sur les violences conjugales et les meurtriers en série. Très vite, il nous est apparu que l'état de dissociation mentale spontanée était au cœur du sujet et que la déambulation apparaissait comme un facteur favorisant la dissociation.
Nous avons pu écrire à propos des maris batteurs : " la femme perçoit l'homme comme étant deux personnes bien distinctes, c'est-à-dire scindé. D'autant plus que son comportement social est parfois à l'opposé de son comportement domestique et conjugal ".
En allant plus loin dans notre analyse de la violence, nous avons pu constater que certains types de tueurs en série, tels que Guy Georges, " obéissent à une pulsion impérieuse et incontournable de tuer. Ils sont parfois dans un état de conscience modifiée, comme l'explique le tueur de l'Est parisien ou bien le célèbre étrangleur de Boston qui se rappelait et s'étonnait de ses actes barbares en les voyant à la télévision ".
Par ailleurs, la dissociation apparaît aussi très nettement dans des états de fureur et de violence meurtrière admises socialement, étant codifiées et porteuses de sens, telles que la course d'amok en Malaisie ou le windingo des indiens du Canada. Les serial killers disent aussi " se mettre en chasse ".
Le déplacement en général, la course, la déambulation, le vagabondage, permettent sans conteste l'éclosion d'un état de dissociation. Celle-ci va faire surgir la mise en acte des fantasmes meurtriers. En effet, dans la mesure où le temps, l'espace et les repères sociaux sont abolis, la censure et la conscience s'affaiblissent. Des contenus pulsionnels oniroïdes surgissent, se mêlant aux contenus de conscience. Un exemple frappant est celui de Francis Heaulmes qui, ayant " rêvé " auparavant d'une femme sur une plage, se sent poussé à commettre le meurtre d'une femme allongée au soleil sur le bord de la mer, comme la continuation de sa rêverie.
Cette perspective de recherche nous semble très riche car la déambulation comme facteur de dissociation spontanée se retrouve aussi dans l'activité créative originale des artistes ou des penseurs. Les exemples connus abondent, comme le facteur Cheval qui parcourait des kilomètres à pied, le poête-musicien Guy Béart qui crée ses œuvres au cours de ses déplacements en voiture ou encore le prix Nobel Watson, co-découvreur de la structure de l'ADN qui eut l'inspiration de sa structure définitive lors d'un voyage en train.
(Ceci pour conclure sur une note peut-être moins macabre !)

 

EMPRO - 34 av. A. France, 92000 - COLOMBES, tél. 01.42.42.44.98



Dernière modification 16/06/09

 

 


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