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Hypnose
versus Midazolam : efficacité sur l'anxiété
préopératoire
et les troubles du comportement postopératoires.
MM Lucas1, S. Calipel1, O. Azzis2, C. Ecoffey1
Dr
LUCAS M.M
Anesthésite-réanimateur
L'anesthésie et la chirurgie sont des expériences
traumatisantes, et chez l'enfant pré-pubere,
l'induction de l'anesthésie est le moment le
plus angoissant (Arch Pediatr Adolesc Med 1996 ; 150
: 1238-45). Les principaux objectifs de la prémédication
chez l'enfant sont de faciliter la séparation
avec les parents, de réduire l'anxiété
préopératoire liée à l'arrivée
au bloc opératoire, et de diminuer la survenue
de troubles du comportement postopératoires.
La technique la plus usitée est la prémédication
sédative par une benzodiazépine de courte
durée d'action, le midazolam (Hypnovel*) (Anesth
Analg 1997 ; 84 :427-32). L'hypnose, grâce à
une communication particulière avec l'enfant,
permet d'obtenir un état de dissociation, de
détachement et d'éloignement vis-à-vis
du contexte chirurgical. Le but de cette étude
était d'évaluer l'efficacité sur
l'anxiété et les troubles du comportement
periopératoires du midazolam versus l'hypnose
en préopératoire.
50 enfants âgés de 2 à 11 ans avaient
été inclus pour des interventions courtes
en hôpital de jour. 23 enfants (groupe H) recevaient
un placebo per os (sirop de fraise) 30 minutes avant
l'intervention. Puis le médecin anesthésiste
pratiquant l'hypnose venait le rencontrer dans sa chambre
et établissait une " relation hypnotique
". Une écoute spécifique et un langage
hypnotique permettait à l'enfant de se détacher
de la réalité en cours et d'être
dissocié lors de la séparation avec les
parents, à l'entrée au bloc opératoire,
à l'installation des appareils de surveillance
et à la pose du masque facial. Dans l'autre groupe,
27 enfants (groupe M) recevaient 0.5 mg/kg de midazolam
per os 30 min avant l'intervention puis était
accompagné au bloc opératoire par une
infirmière. Les deux groupes avaient une anesthésie
générale classique (halogénés
au masque).
L'anxiété préopératoire
était évaluée (score mYPAS : the
Modified Yale Preoperative Anxiety Scale : Anesth Analg
1997 ; 85 : 783-8) et un questionnaire préopératoire
rempli par les parents permettait d'évaluer le
comportement de base de l'enfant (PHBQ : Post Hospitalization
Behavior Questionnaire: Am J Dis Child 1966 ;111 :581-93).
Le même questionnaire rempli à J1, J7,
et J14 en postopératoire, renseignait sur les
modifications éventuelles de comportement observées
par les parents.
Résultats : Les deux groupes d'enfants ne présentaient
pas de différence significative en préopératoire
concernant le score PHBQ et le score mYPAS.
L'hypnose en prémédication permet de réduire
le nombre d'enfants anxieux à l'induction (T3
: 39% vs 68%) (p< 0.05).
En postopératoire, l'hypnose réduit environ
de moitié la fréquence des troubles du
comportement observés par les parents à
J1 (30% vs 62%) et à J7 (36% vs 59%) (p< 0.05).
CONCLUSION :
L'hypnose est une méthode pertinente et efficace
de prémédication chez l'enfant. En effet,
au cours de la dissociation induite en préopératoire,
l'enfant a perçu les différentes étapes
précédant l'intervention avec moins d'émotions
ou des sensations physiques détachées
d'affects. L'anxiété préopératoire
est alors réduite notamment au moment de l'induction
de l'anesthésie et les troubles du comportement
sont diminués pendant la première semaine
postopératoire.
1/ Service d'Anesthésie-Réanimation II,
2/ Service de chirurgie pédiatrique. Hôpital
Pontchaillou. Rennes.
marie-madeleine.lucas@chu-rennes.fr,
mmadlp@yahoo.fr
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