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Dissociation
péritraumatique : clinique et pronostic
Dr
Patrice LOUVILLE
Psychiatre
Survenant à la suite d'événements
au cours desquels les sujets sont confrontés
à la menace de la mort, l'état de stress
post-traumatique est défini par le DSM-IV comme
un trouble anxieux dont la symptomatologie est multiple
: syndrome de répétition avec souvenirs
intrusifs, rêves traumatiques ou flashbacks, évitement
persistant des stimulus associés au traumatisme,
émoussement de la réactivité générale,
activation neurovégétative persistante.
Le stress post-traumatique peut être retrouvé
aussi bien chez les victimes d'un événement
agressif que chez leurs sauveteurs. On estime que sa
prévalence en population générale
peut dépasser 10%. Ce trouble, chronicisé
sur plusieurs années, peut entraîner chez
certains sujets un grave handicap psychosocial.
Ces dernières années, des publications
de plus en plus nombreuses ont mis l'accent sur les
relations entre les réactions dissociatives aiguës
survenant au cours des situations potentiellement traumatiques
et le développement ultérieur de syndromes
psychotraumatiques. Parmi les symptômes les plus
fréquemment constatés dans les heures
qui suivent l'exposition à l'événement,
on retrouve : un sentiment subjectif de torpeur, de
détachement voire une absence de réactivité
émotionnelle ; une réduction de la conscience
de l'environnement ; une impression de déréalisation
; une impression de dépersonnalisation ; une
amnésie dissociative. Tous ces symptômes
de dissociation aiguë font partie des critères
diagnostiques de l'état de stress aigu, trouble
psychotraumatique dont la description est apparue dans
le DSM-IV. De durée inférieure à
un mois, il correspond à la période post-immédiate
qui suit l'exposition à un événement
potentiellement traumatique, et se caractérise
par des symptômes dissociatifs associés
aux premières manifestations de l'état
de stress post-traumatique.
De nombreuses études ont montré que l'apparition
de symptômes de dissociation péritraumatique
était un facteur de risque important pour le
développement ultérieur d'un état
de stress post-traumatique. Ces constatations sont particulièrement
intéressantes pour l'organisation d'interventions
préventives de l'apparition d'un syndrome psychotraumatique
chez les victimes, dans la mesure où le repérage
précoce des symptômes dissociatifs permettrait
de sélectionner les sujets à risque qui
pourraient bénéficier d'une telle prise
en charge. Cette communication tentera de faire le point
sur les facteurs de risque péritraumatiques des
syndromes psychotraumatiques et sur leur dépistage.
Service de Psychiatrie Universitaire (Pr. Q. DEBRAY)
Hôpital Corentin Celton (AP-HP), 4, parvis Corentin
Celton 92133 Issy-les-Moulineaux Cedex
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