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Hypnothérapie
et dissociation traumatique
Mademoiselle
Marianne KEDIA
Psychologue
Il semble que les signes de dissociation (indépendamment
du diagnostic de l'Etat de Stress Post-Traumatique)
soient extrêmement fréquents chez les sujets
traumatisés, particulièrement quand le
traumatisme est survenu dans l'enfance et qu'il a été
répété (ainsi, Anderson, Yasenik
& Ross (1993) avancent un taux de 88 % d'adultes
dissociés parmi les victimes d'abus sexuels dans
l'enfance).
La nomenclature du DSM-IV ne fait pas mention d'un syndrome
dissociatif spécifiquement traumatique dans sa
description des manifestations pathologiques de la dissociation
et inversement, la dissociation n'est pas un des symptômes
retenus pour le diagnostic d'Etat de Stress Post-Traumatique
(PTSD). Néanmoins, les flash-backs dissociatifs
font partie des critères diagnostiques du PTSD,
et certains symptômes d'évitements du traumatisme,
notamment le détachement ou l'amnésie
partielle sont largement considérés comme
des signes de dissociation.
Par ailleurs, la similitude entre hypnose et dissociation
a été amplement évoquée
et de nombreuses études avancent que les sujets
souffrant de troubles dissociatifs sont très
hypnotisables (cette donnée ayant amené
de nombreux auteurs à faire l'hypothèse
que la dissociation est un mécanisme défensif
pour les sujets en situation traumatisante).
Ainsi, l'hypnotisabilité élevée
des sujets dissociés est la première raison
qui doit pousser à réfléchir sur
l'intérêt de l'hypnothérapie pour
les cas de dissociation traumatique. La dissociation,
recadrée par l'hypnothérapeute, pourrait
être dès lors utilisée à
des fins thérapeutiques. De plus, le patient
pourrait sous hypnose apprendre à mieux gérer
sa dissociation pathologique, voire à la contrôler
lorsqu'elle survient de manière inopportune,
intrusive et parasitante.
Enfin, il est également à noter que les
deux modèles dominants dans le traitement du
PTSD (thérapies cognitive et d'inspiration psychanalytique)
insistent sur l'importance de la remémoration
de l'événement traumatique, soit dans
le cadre d'une intégration cognitive et émotionnelle,
soit en réalisant des expositions répétées.
L'hypnose peut faciliter ce travail en donnant au patient
des techniques pour contrôler l'intensité
du souvenir traumatique et le stress qui lui est associé.
Le problème du recouvrement de souvenirs sous
hypnose est également à discuter notamment
pour les prétendus cas d'amnésie dissociative
relatifs à un abus sexuel.
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