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Dissociation
et méthodes d'imagerie mentale onirique en psychothérapie
Monsieur
Philippe GROSBOIS
Psychologue
L'utilisation psychothérapique des méthodes
d'imagerie mentale peut privilégier un vécu
onirique de veille où l'image est appréhendée
dans son effervescence ; on regroupe alors ces méthodes
sous le terme générique d'onirothérapies.
Du point de vue historique, le bilan publié en
1968 par Roger FRETIGNY et André VIREL montre
que de nombreux cliniciens les utilisent depuis le début
du XXe siècle : du procédé de la
" substitution des images " de Pierre JANET
à la " méthode phantasmatique "
de Pierce CLARCK, en passant par le " rêve
éveillé dirigé " de Robert
DESOILLE, le cycle supérieur du " training
autogène " de SCHULTZ ou encore le "
Kathathymes Bilderleben " de Hanscarld LEUNER.
En ce qui concerne l'onirothérapie d'intégration
de VIREL élaborée en France vers 1950,
elle fait appel à une imagerie mentale libre,
sans suggestion systématique de thème
de départ et requiert une mise en condition particulière
proche des états d'isolement sensoriel, la "
décentration ". Celle-ci conduit à
une perception désintégrée du corps
réel dont le sujet garde pourtant conscience.
Peu à peu vont surgir des images, d'abord corporalisées
puis des images mentales discontinues et enfin des paysages
imaginaires dans lesquels le sujet va se mouvoir. L'image
naît du corps dans un décor (un "
dé-corps ") imaginaire dans lequel le sujet
projette sur un mode le plus souvent visuel les difficultés
qu'il avait d'abord éprouvées sur un plan
coenesthésique. Cette désolidarisation
du " moi corporel réel " au profit
de la constitution d'un " moi corporel imaginaire
" passe par la peur et l'angoisse. Cette perte
des repères corporel et spatio-temporel nous
semble avoir quelque chose à voir avec la dissociation
car, à l'issue de cette aventure de la décentration
où s'établit une dialectique entre une
conscience onirique et un univers imaginaire, s'opère
une restructuration de l'être qui s'appuie moins
sur l'interprétation rationnelle du phénomène
que sur l'acte de rêver dans sa dimension affective,
vécue et dramatisée. Le vécu onirique
aboutit ainsi à une nouvelle intégration
du " schème spatio-temporel " où
l'accent est moins mis sur la dimension régressive
induite par les images mentales que sur la capacité
d'accéder pour le sujet aux sources psychiques
de la créativité.
IPSA Université catholique de l'Ouest
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