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La
dissociation : de l'ouverture à la distorsion
identitaire
Dr Michel
BREULET
Psychiatre
La notion de dissociation est aussi indéfinissable
que le terme lui-même en raison de sa nature polysémique.
Ce caractère indéfini ne constitue en
rien un handicap. Tout à l'inverse, il témoigne
de la multiplicité de sens recouvert par le terme
et donc de la richesse étymologique qu'il recèle.
Etymologique cela signifie étiologie historique
linguistique. Le concept de dissociation a une histoire
de 2 siècles. Introduit par P. JANET dans la
sémiologie psychopathologique, il prendra jusqu'à
nos jours des sens multiples. Seront ainsi décrit
son inclusion au processus névrotique, son subtil
transfert à la maladie psychotique et, in fine,
son attribution pratiquement pathognomonique aux Etats
limites.
Si on fait la synthèse de ces avatars linguistiques,
on s'aperçoit que ce que l'historique de la dissociation
trace est moins celle de la psychopathologie que celle
de la genèse du Moi, de l'identité.
Cette approche historique éloigne le processus
de dissociation de ses origines liées à
la psychopathologie pour mettre en évidence le
caractère naturel et universel de la tendance
dissociative. Si le processus dissociatif est rattaché
si naturellement au processus hypnotique, c'est parce
que l'un et l'autre appartiennent au fonctionnement
psychique naturel étroitement lié à
la reconnaissance de soi, partant de la reconnaissance
de l'autre. Conclusion paradoxale : le processus dissociatif
appartient à l'appareil psychique normal dans
ses multiples démarches associatives avec soi
et avec l'autre.
Maître de conférence à l'Université
de Liège - service de psychiatrie
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