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Croyez et
veuillez
François
THIOLY,
Psychiatre, Paris
« Croyez et veuillez, là
est toute la science », disait Puységur
pour rendre compte du magnétisme et des conditions
de son pouvoir thérapeutique. En quoi laffirmation
de Puységur nous concerne-t-elle aujourdhui
?
Nous pensons désormais la question du pouvoir
thérapeutique, auquel nous préférons
dailleurs le terme deffet, plus neutre,
à la lumière de ce que nous avons appris
depuis Puységur des effets de la
« relation ». Cette communication sera loccasion
de partager quelques interrogations sur notre manière
de penser ce terme tiers, émanation ou création
conjointe résultant de la rencontre singulière
entre le thérapeute et son patient, avec ses
implications sur la délimitation du champ des
possibles. Et ceci en reconsidérant le couple
dinjonctions proposé par Puységur
: croire et vouloir.
De même que nous ne pouvons pas ne pas communiquer,
nous ne pouvons pas ne pas croire, même lorsque
nous croyons ne pas croire. Nos croyances définissent
nos orientations personnelles, qui déterminent
notre « style propre » et conditionnent
notre pratique. Que nous nous référions
aux esprits, au fluide, à létat
hypnotique, à la perceptude, à lépissage
génétique ou à la pragmatique de
la communication, nous étayons nos interventions
sur des contenus de pensée qui sont autant de
croyances. Mais toutes ces croyances ne sont pas équivalentes,
je minterrogerai donc ici sur certains de leurs
effets différentiels ainsi que sur la manière
dont elles sarticulent avec les croyances des
patients dans létablissement de la relation
thérapeutique et avancer lidée quune
croyance partagée facilite la création
de lespace relationnel où se déploie
laction efficace ; ce sera loccasion dévoquer
les limites de la démystification de lhypnose.
Le second terme de laffirmation de Puységur
: « veuillez » implique une intention ;
explicite ou non, elle donne son orientation à
la thérapie et est fille de la croyance. Mais
la « volonté » qui est ici convoquée
est un terme qui na plus très bonne presse
et est en tout cas le lieu de bien des malentendus :
je rappellerai comment le trop vouloir conduit souvent
à léchec à travers la rigidification
; alors que la dissolution de lintention mène
à linefficacité des entreprises
qui perdent de vue leur finalité thérapeutique
(la guérison qui, à force dêtre
supposée survenir de surcroît, est repoussée
ad infinitum).
Jexaminerai enfin comment lintention du
thérapeute et le désir de changement du
patient se combinent de diverses façons dans
le lien vivant qui se noue entre eux et détermine
la fécondité de la relation, la qualité
de lalliance, et donc le résultat thérapeutique.
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