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Nous allons
porter ce joug ensemble
le moins longtemps possible !
Thierry SERVILLAT,
Psychiatre, Psychothérapeute
Après avoir étudié
lapproche éricksonienne de lhypnose
et lu un certain nombre décrivains, philosophes,
magnétiseurs, nous postulons que la joie représente
un concept susceptible de contribuer de façon
majeure à la compréhension de la puissance
thérapeutique de lhypnose.
Avant denvisager son intervention, le thérapeute
observe son patient puis ce que lui-même éprouve.
Un poids, une tristesse, de langoisse, en tout
cas une sensation corporelle habituellement pénible.
Il commence à porter le joug avec son patient.
Nous apprécions cette métaphore du joug
pour différentes raisons. Le mot « joug
» vient de la langue indo-européenne ancêtre
de notre langue comme de tant dautres, et plus
précisément du mot « jug »
qui signifie « lien », probablement initialement
le lien qui servait à atteler les bêtes
de somme.
Mettre le joug avec son patient, cest se mettre
au travail avec lui, se lier à lui dans une coopération
initialement laborieuse.
A un deuxième niveau de sens, la thérapie
peut être vue comme une tentative de conjugaison
des efforts du thérapeute et du patient, dont
le but est dalléger ce joug le plus rapidement
possible.
Nous préciserons alors ce qui nous paraît
commun et ce qui nous semble différent dans le
lien thérapeute-patient et le lien conjugal,
en essayant den déduire des conséquences
éthiques.
Nous envisagerons ensuite un troisième niveau
de sens, sur un plan plus technique, en considérant
lhypnose comme une conjugaison de polarités,
rejoignant ainsi lintuition des magnétiseurs.
Lapproche utilisationnelle éricksonienne
sera examinée sous langle dune conjugaison
aboutissant aux changements internes et corporels du
patient décrits par Ernest Rossi lors de la phase
3 du processus créatif, changements témoins
de réaménagements, sources dune
jouissance joyeuse impliquant entre autre mais notamment
la sphère zygomatique.
En nous rappelant Shakespeare (« Lespérance
dune joie est presque égale à la
joie ») nous comprendrons mieux comment Erickson
et, après lui, les solutionnistes, ont tant insisté
sur limportance de lanticipation en hypnose
et en thérapie afin daider le patient à
se ressentir capable de construire et de créer.
Enfin nous tenterons dexplorer de nouveau les
implications éthiques dun tel angle de
vue, en examinant pour quelles raisons certaines hypnoses
non joyeuses savèrent incapables davoir
aucun effet thérapeutique, voire même de
créer destruction et souffrance. Nous tenterons
dexplorer la possibilité dun lien
entre hypnose thérapeutique, révélation
et vérité.
Ces propos seront illustrés par un certain nombre
de vignettes cliniques et seront destinés à
susciter la discussion dans la salle tant sur la pratique
thérapeutique de lhypnose que sur la possibilité
dune recherche scientifique à son sujet.
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