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Du Rapport Magnétique à l'Alliance Thérapeutique

PARIS, 28 & 29 Novembre 2008, Colloque International Francophone

Nous allons porter ce joug ensemble…
le moins longtemps possible !

Thierry SERVILLAT, Psychiatre, Psychothérapeute

Après avoir étudié l’approche éricksonienne de l’hypnose et lu un certain nombre d’écrivains, philosophes, magnétiseurs, nous postulons que la joie représente un concept susceptible de contribuer de façon majeure à la compréhension de la puissance thérapeutique de l’hypnose.

Avant d’envisager son intervention, le thérapeute observe son patient puis ce que lui-même éprouve. Un poids, une tristesse, de l’angoisse, en tout cas une sensation corporelle habituellement pénible. Il commence à porter le joug avec son patient.

Nous apprécions cette métaphore du joug pour différentes raisons. Le mot « joug » vient de la langue indo-européenne ancêtre de notre langue comme de tant d’autres, et plus précisément du mot « jug » qui signifie « lien », probablement initialement le lien qui servait à atteler les bêtes de somme.

Mettre le joug avec son patient, c’est se mettre au travail avec lui, se lier à lui dans une coopération initialement laborieuse.

A un deuxième niveau de sens, la thérapie peut être vue comme une tentative de conjugaison des efforts du thérapeute et du patient, dont le but est d’alléger ce joug le plus rapidement possible.

Nous préciserons alors ce qui nous paraît commun et ce qui nous semble différent dans le lien thérapeute-patient et le lien conjugal, en essayant d’en déduire des conséquences éthiques.

Nous envisagerons ensuite un troisième niveau de sens, sur un plan plus technique, en considérant l’hypnose comme une conjugaison de polarités, rejoignant ainsi l’intuition des magnétiseurs.
L’approche utilisationnelle éricksonienne sera examinée sous l’angle d’une conjugaison aboutissant aux changements internes et corporels du patient décrits par Ernest Rossi lors de la phase 3 du processus créatif, changements témoins de réaménagements, sources d’une jouissance joyeuse impliquant entre autre mais notamment la sphère zygomatique.

En nous rappelant Shakespeare (« L’espérance d’une joie est presque égale à la joie ») nous comprendrons mieux comment Erickson et, après lui, les solutionnistes, ont tant insisté sur l’importance de l’anticipation en hypnose et en thérapie afin d’aider le patient à se ressentir capable de construire et de créer.

Enfin nous tenterons d’explorer de nouveau les implications éthiques d’un tel angle de vue, en examinant pour quelles raisons certaines hypnoses non joyeuses s’avèrent incapables d’avoir aucun effet thérapeutique, voire même de créer destruction et souffrance. Nous tenterons d’explorer la possibilité d’un lien entre hypnose thérapeutique, révélation et vérité.

Ces propos seront illustrés par un certain nombre de vignettes cliniques et seront destinés à susciter la discussion dans la salle tant sur la pratique thérapeutique de l’hypnose que sur la possibilité d’une recherche scientifique à son sujet.


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Dernière modification 10/09/09

 

 


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