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Lattente
ne suse jamais
Jacques LESIEUR,
Psychologue, CHU Caen Cote de Nacre, Service Esquirol
Les patients de Mesmer venaient le voir
car ils avaient entendu dire que des barres métalliques
préalablement magnétisées, rétablissaient
la circulation de fluides entravés. Ils sattendaient
donc à ce quon les installe dans des baquets
chargés de barres de fer et de limaille. Et là
il advenait ce qui devait arriver.
Les sujets de lAbbé Faria attendaient de
ses fameuses passes un curieux pouvoir à les
endormir. Etc.
Il est raisonnable de considérer que le lien
qui unit le patient et le thérapeute (le soignant)
prend sa source dans une abstraction (une force psychologique)
qui est bien antérieure à la rencontre
réelle.
Freud lui-même a évoqué cet état
psychologique lié à lattente, susceptible
de déclencher à lui seul un processus
en rapport avec la guérison.
Erickson savait user de cette force psychologique lorsquil
osait différer sa réponse thérapeutique
pour maintenir une tension vouée au projet de
changement. Lattente était pour lui une
promesse pour peu quon sen serve au bon
moment.
François Roustang replace lattente au cur
dune relation thérapeutique caractérisée
par la réciprocité : la relation patient-thérapeute
est le rapport de deux attentes, chargées dimagination
et de créativité de chaque côté.
Le changement (ou la guérison) ne serait-elle
pas leffet dune alliance réussie,
à partir dune rencontre complémentaire
dattentes partagées ?
A partir de deux cas de figure, nous allons montrer
comment nous nous appuyons sur la force psychologique
de lattente dès le premier contact. Dans
le premier cas de figure le patient demande de lhypnose
comme remède « magique ». Dans le
second cas, le patient est perplexe par rapport à
lapproche hypnotique.
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