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Du Rapport Magnétique à l'Alliance Thérapeutique

PARIS, 28 & 29 Novembre 2008, Colloque International Francophone

Le doute et l’alliance thérapeutique

Stefano COLOMBO,
Psychiatre en libéral, enseignant superviseur Faculté de Médecine, Genève

Dans la présentation du colloque par le Dr Edouard Collot, nous lisons :
« … l’alliance thérapeutique (définie) non seulement comme un pré-requis pour le travail thérapeutique, mais aussi comme le principal vecteur du profil de changement. »
Nous voici donc en pleine lecture des dictionnaires les plus variés pour essayer de cerner ce vecteur. Nous cherchons la définition d’« alliance », nous en trouvons des dizaines ; nous regardons un dictionnaire italien : « Trovati 1000 risultati ». Nous nous précipitons sur l’étymologie du mot, maigre récolte. Finalement, nous nous fions à notre propre oreille italophile pour glisser dans le latin et trouver le verbe « alligare », en italien : « legare a ». Nous voici donc « liés à », et oui, à quoi ? A qui ? Et encore : est-ce vraiment du thérapeute qu’il s’agit ?
Nous décidons alors de laisser le moyen, le vecteur, et de passer à l’objectif, le changement.
Un changement demande une adaptation et donc, selon Piaget, une assimilation et une accommodation. Le premier terme est lié à soi, permet la continuité dans le temps et est plutôt rassurant ; le deuxième, l’accommodation, exige une ouverture, implique une presque rupture et est davantage anxiogène. Comment partir à la découverte de nouvelles terres sans être submergé par l’angoisse de l’inconnu et sombrer à la première tempête ?
Bowlby nous éclaire par le biais de la théorie et la clinique de l’attachement. Ce dernier devra être « sécure » pour faciliter l’exploration. Le navire ne peut envisager un nouveau voyage qu’à condition de « sentir » que le port qu’il quitte est son port d’attache.
Or, sentir c’est se fier, faire confiance, et la confiance n’est possible que si le doute est présent. Nous allons donc injecter du doute dans ce château aux murs si rigides qu’est la plainte du patient. Pour qu’il ne soit pas dévastateur, nous le ferons dans le cadre d’un attachement sécure. Attachement entre qui et qui ? Patient et thérapeute – direz-vous. Pas si sûr… voici déjà un doute. Alors entre patient et … A suivre, d’autant plus que, suite aux premières thérapies, un adage se créa rapidement dans mon esprit : « Croire le patient, ne pas croire ce qu’il dit » et, surtout, ne pas dire « Je vous comprends » ! Cette dernière phrase peut étouffer dans l’œuf la thérapie qui vient de commencer. Nous montrerons le danger caché de « comprendre » à l’aide de l’histoire du nain.
Alors, quid de l’alliance thérapeutique ? Des témoignages cliniques amèneront une ébauche de réponse. Une chose est sûre : il y aura du doute !
Le doute est l’essence même de la motivation à aller de l’avant, il fait partie de la relation thérapeutique, il nourrit la curiosité qui ébranle les « vérités acquises », il est le piment qui participe au dynamisme de l’alliance, finalement, il est l’ombre de l’espoir, ce vent qui invite le navire vers de nouveaux rivages.

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Dernière modification 10/09/09

 

 


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