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Du Rapport Magnétique à l'Alliance Thérapeutique

PARIS, 28 & 29 Novembre 2008, Colloque International Francophone

Illustration de l’importance de la croyance partagée entre thérapeute et patient pour le succès d’une prise en charge : exemple de l’EMDR

Godefroy CAHUZAC
Psychologue clinicien, Psychothérapeute, Hypnothérapeute


L’EMDR pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou désensibilisation et retraitement (de l’information) par mouvements oculaires est une méthode de psychothérapie mise au point par Francine Shapiro après 1987 qui connaît depuis une dizaine d’années un vif engouement aussi bien auprès des médias que des psychothérapeutes.

L’efficacité de cette méthode d’intervention psychothérapeutique a été d’abord établie dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique, avant d’être étendue à d’autres troubles. Sa particularité réside dans la stimulation sensorielle, généralement appliquée sous une forme bilatérale alternée et le plus souvent par le biais des mouvements oculaires.

Durant la prise en charge, il est vivement recommandé de fournir au patient une théorie explicative du fonctionnement et de l’efficacité de l’EMDR : simuler le sommeil paradoxal, période durant laquelle le dormeur réalise des mouvements oculaires rapides tout en retraitant les informations collectées durant la journée.
Cette théorie est simple, aisément partageable entre le thérapeute et le patient.

Cependant, il existe une controverse sur l’origine des effets de l’EMDR, qui serait sans doute un peu plus complexe que ce que suggère la seule théorie de la simulation de sommeil paradoxal.

En effet, la production des mouvements oculaires durant l’EMDR s’apparente au phosphénisme et constitue une technique hypnotique de dépotentialisation de la conscience. Celle-ci est associée à une exposition in imagine semblable à celle d’un protocole TCC de désensibilisation. Enfin durant la mise en œuvre de ces techniques, le sujet est invité à dire ce qu’il ressent dans un contexte proche de celui des associations libres. Ainsi la mise en œuvre conjointe de ces trois techniques, issues de divers champs psychothérapeutiques, font de l’EMDR une thérapie intégrative.

Mais, à défaut, si les mouvements oculaires ne sont pas l’unique ingrédient actif de l’EMDR, la pseudo-théorie de simulation de sommeil paradoxal est le propos de la mise en commun entre le thérapeute et son patient d’une croyance centrale pour le succès de l’usage de l’EMDR.

Croyance qui servira très vraisemblablement de socle à l’alliance thérapeutique en proposant une explication rationnelle, rassurante et, par ailleurs, permettant d’avoir accès à un travail sur les émotions qui serait sans cela difficile pour les patients qui redoutent le lâcher-prise hypnotique.

Enfin et au regard de ces dernières considérations, on pourra s’interroger à savoir si le partage de cette croyance pseudo-théorique ne constitue pas un élément majeur de ce qui contribue à l’efficacité thérapeutique attribuée à la technique de l’EMDR.


.Godefroy CAHUZAC
Psychologue clinicien, Psychothérapeute, Hypnothérapeute
Institut Paul Sivadon
Association l’Elan Retrouvé

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Dernière modification 10/09/09

 

 


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