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Du Rapport Magnétique à l'Alliance Thérapeutique

PARIS, 28 & 29 Novembre 2008, Colloque International Francophone

« Le rapport hypnotique au théâtre du corps ».
A l’écoute des savoirs corporels

Brigitte LUTZ
Psychiatre, Psychanalyste, Psychothérapeute, Hypnothérapeute, Paris

Parce que le rapport hypnotique est le lieu d’une intersubjectivité sensorielle, il peut être compris comme cette dimension du lien humain qui nous met au cœur de la dynamique inconsciente par sa facette corporelle. La séance et les moments hypnotiques de la thérapie nous donnent un accès privilégié au langage corporel en favorisant l’émergence de sensations, d’éprouvés auxquels le patient peut, parfois pour la première fois, prêter attention. C’est pourquoi lorsque par la désignation du dispositif, il devient possible à celui-ci d’entrer en contact avec ce que François Roustang appelle la perceptude, un « dialogue avec le corps » peut être amorcé par le thérapeute. Dialogue qui constitue un mode d’organisation temporaire et spécifique de la relation thérapeutique : c’est le corps du thérapeute dans sa dimension d’appui, de soutien, qui est véhiculé par son intonation et apporte une qualité de présence et d’accompagnement toute particulière. La résonance avec le corps de l’autre ouvre à l’accueil de pans entiers de la sensorialité jusque là exclus du champ de la conscience et permet d’activer la dynamique d’exploration proprement dite de l’inconscient corporel. Car les manifestations corporelles peuvent être prises en compte sans les interpréter d’emblée ni chercher à les transformer, en tant que parties non verbales du discours, éléments signifiants ou « personnages » intérieurs. Les identifications du patient et du thérapeute et de l’un à l’autre, qui se trouvent alors mises en mouvement, vont être utilisées pour que le patient puisse se réapproprier les savoirs exclus. Ainsi le dispositif hypnotique organise un théâtre distinct où peuvent se mettre en scène les éléments d’un savoir corporel méconnu. Celui-ci est constitué bien sûr des traces mnésiques et inscriptions traumatiques occultées par le clivage. Mais aussi des sensations et perceptions qui correspondent à l’investissement spécifique de certaines parties du corps et de certaines fonctions corporelles, c’est-à-dire à la façon dont le corps est « habité ».
Lorsque l’on met en œuvre une écoute active de ce que dit le patient à propos ce qu’il ressent, le travail thérapeutique peut s’organiser selon différents registres qui vont se déployer ensemble ou séparément tout au long de la thérapie. Parmi ceux-ci, on trouve ce qui relève de la catharsis par la mise à jour du matériel inconscient qui gravite autour des inscriptions corporelles, en sollicitant les associations qui viennent avec l’éprouvé : souvenirs, affects, émotions... Un autre registre est la mise en représentations de certains aspects de l’image inconsciente du corps (mémoire corporelle des toutes premières relations et synthèse vivante de nos expériences émotionnelles les plus marquantes) qui correspondent souvent au positionnement subjectif symptomatique. La traduction corporelle de ce positionnement devient accessible et lisible grâce au jeu souple des différentes composantes du champ transférentiel, diffracté par l’hypnose à la manière du spectre lumineux.
Parfois, il arrive aussi que se dévoile une autre dimension de la conscience corporelle, tout un savoir constitutif et coextensif à l’être, au vivant, en lien avec l’universel, au potentiel à la fois thérapeutique et créateur.


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Dernière modification 10/09/09

 

 


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