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Les relations
thérapeutiques en hypnose clinique
Sylvie LE
PELLETIER-BEAUFOND & Marie-Pierre SICARD-DEVILLARD,
Lessence même de lhypnose
interroge la notion d« alliance thérapeutique
» dans les dimensions quelle suppose : collaboration
patient-thérapeute, définition dobjectifs
clairs, confiance et implication du patient, empathie
du thérapeute ainsi que ses « qualités
personnelles ».
La relation thérapeutique existe-t-elle en hypnose
se demande F. Roustang ?
Nous tenterons daborder de manière plurielle,
sous langle de différentes approches conceptuelles
ou méthodologiques la question centrale du lien
thérapeute / patient dans la pratique de lhypnose.
Au delà de lalliance thérapeutique,
plus spécifiquement encore, cest à
la posture même du thérapeute que nous
nous intéresserons, car cest elle qui nous
paraît déterminer lévolution
de la thérapie par le type de liens quelle
propose.
Pour cela, nous pouvons emprunter aux psychanalystes
anglais, D.W.Winnicott, ou MD Little, leurs approches
de la relation thérapeutique dans les situations
de régression, situations cliniques qui ne sont
pas sans ressemblance avec la transe hypnotique.
La notion dalliance, par ailleurs nest pas
sans évoquer la définition des systèmes
et leurs lois. Lapproche systémique nous
apporte ici, par quelques concepts clés, un éclairage
intéressant sur ce qui se crée entre le
patient et le thérapeute, de manière générale
et plus spécifiquement encore dans le cadre hypnotique
: des notions de cadre commun, de co-construction, à
celle de résonances mises en action dans létat
hypnotique partagé.
François Roustang, quant à lui, démontre
comment le thérapeute par sa posture, dans un
aller-retour entre « perceptude » et perception,
entre une position de sensorialité immédiate
et une posture vigilante, à lécoute
de la réalité de la situation, offre au
patient lespace thérapeutique qui lincite
à agir, à prendre sa place.
Pour mieux définir la nature du lien entre le
patient et son thérapeute, il nous paraît
essentiel également de distinguer à la
fois, les différents contextes cliniques utilisant
lhypnose, les différents temps dune
séance dhypnothérapie et les différents
niveaux de présence des acteurs en situation.
Doit-on poser comme préalable incontournable
la collaboration patient / thérapeute, tel que
laffirme
M. E. Erickson ? Peut-on poser la notion
de co-construction comme fondement de la thérapie
? Faut-il questionner les concepts de transfert et de
contre-transfert ?
Ou encore le transfert sefface-t-il, comme le
dit P. Zindel, avec la profondeur de transe ?
Lhypnose, quel que soit son degré dimplication
dans la prise en charge clinique, implique un lien thérapeute
/ patient multiforme et complexe ; complexité
du lien qui donne à lhypnose, paradoxalement,
toute sa singularité. Quen est-il alors
de lalliance thérapeutique au regard de
ces interrogations ?
Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND,
Médecin, Psychothérapeute
Marie-Pierre SICARD-DEVILLARD
Psychologue clinicienne
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