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Le concept
dalliance thérapeutique et lhomme
médecine
aborigène dAustralie
Maude JULIEN,
Psychothérapeute en libéral
Lhomme Médecine aborigène
(wirinun) suit toute sa vie un apprentissage intensif
pour se perfectionner simultanément dans les
perceptions extra-sensorielles, la guérison par
la foi, lapposition des mains, létude
des plantes, la diététique, les pouvoirs
cachés de la nature et des esprits, et limportance
du Tumpinyeri Mooroop (que nous pourrions insuffisamment
traduire dans notre langage par champ magnétique.)
Au cours de ses voyages dans le monde spirituel : «
le dowie », le wirinun entre en contact et demande
laide des entités expérimentées
afin dapporter la guérison à son
patient.
Le wirinun devient ainsi doté dattributs
magiques : il est capable dentrer en contact avec
le monde des esprits et dutiliser à son
gré les lois de la nature : il est lintermédiaire
entre les dimensions physiques et spirituelles de la
vie.
La pratique de la guérison est basée sur
la foi et le rapport de confiance qui naît entre
le patient et le wirinun : « une personne malade
doit croire quelle va guérir ».
Lémotion induite et la pensée dirigée
sont ses
« outils magiques ».
Le peuple aborigène considère le pouvoir
de la pensée comme un ensemble de vibrations
en mouvement à lintérieur du dowie.
Pour quune pensée soit efficace dun
point de vue magique, elle doit être chargée
dénergie. Une pensée associée
à une émotion a une capacité daccomplissement
considérable. Selon les wirinun, tous les organes
et toutes les cellules du corps possèdent une
forme dintelligence.
Si le wirinun parvient à atteindre leur conscience
et à y laisser son empreinte, ils sefforceront
de faire ce quil leur demande. Le wirinun a lors
recours à son pouvoir de suggestion et à
la force de la pensée pour faire savoir à
son patient en actes et en paroles quil va guérir.
Cette alliance thérapeutique joue le rôle
fondamental sans lequel, selon la communauté
aborigène, aucune guérison nest
possible.
Différents voyages, au cours des cinq dernières
années, mont permis de réaliser la
similitude de nos pratiques en matière dalliance
thérapeutique avec les actes du wirinun.
Entre leur travail de « perception extrasensorielle
» et notre pratique « découte
flottante » par laquelle, en étant attentifs
à nos réactions internes, nous nous ouvrons
au champ sensoriel.
Lapposition des mains du wirinun est comparable
au « magnétisme » de Mesmer et à
la pratique actuelle de certains hypnothérapeutes,
par exemple, le Dr Agnès Kaiserrekka, psycholgogue-oncologue,
qui utilise lapposition des mains comme induction
hypnotique. Induction qui se passe de mots
Leur communication avec le « dowie » : ne
devenons-nous pas nous aussi des « passeurs »
lorsque dans le cadre dune hypnose nous «
appelons à laide » le merveilleux
réservoir de ressources à lintérieur
duquel chaque patient trouvera ce qui lui conviendra
le mieux sur le chemin de sa guérison ?
Lappel à lintelligence et à
la sagesse des cellules du corps
que nous abordons
par lhypnose ou la
« thérapie de la pleine conscience »
Ce qui mapparaît surtout au retour de chaque
voyage, cest de ne pas oublier de rester humble
par rapport à toute cette science que nous pensons
acquérir au cours de nos différentes formations
: certes nos outils thérapeutiques sont une aide
précieuse, mais cest dabord notre
« façon dêtre » qui importe
et non notre « façon de faire ».
Gilligan lexprime ainsi : « dune séance
de thérapie, votre patient ne retiendra guère
plus dun mot ou dune idée ; ce qui
restera, ce sera la façon dont vous aurez été
présent avec lui ».
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