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Du Rapport Magnétique à l'Alliance Thérapeutique

PARIS, 28 & 29 Novembre 2008, Colloque International Francophone

Lorsque s’oublie la relation au patient

Antoine Bioy,
Docteur en Psychologie

L’importance de la relation dans la pratique de ce qui allait devenir l’hypnose a été identifiée dès le 18ème siècle. Depuis, cette relation ne cesse d’interroger, car ce qui la distingue d’autres modalités de prises en charge thérapeutique est loin d’être une question totalement résolue. Pourtant, si l’approche psychodynamique s’est beaucoup questionnée sur ce thème, d’autres approches ont souligné l’importance du « rapport hypnotique » sans véritablement pousser très avant une réflexion à ce propos. Ainsi, l’hypnose ericksonienne s’est inspirée de l’approche humaniste de Carl Rogers pour donner toute sa place à la dimension de la relation avec le patient, puis, plus récemment, a emprunté à d’autres courants la notion « d’alliance thérapeutique ». Mais les études manquent sur les singularités de cette alliance en pratique hypnotique, au-delà des emprunts.

De cette frilosité à avancer sur cette question de la relation nous semble découler un élément iatrogène : celui de sur-considérer la portée d’autres aspects, tel celui de la transe hypnotique, parfois perçue comme possiblement porteuse d’un potentiel thérapeutique en dehors de tout autre aspect. Par exemple, on propose parfois au patient de pratiquer l’auto-hypnose, comme si cette dernière avait une efficacité uniquement « pour ce qu’elle est ». On oublie alors qu’avant tout, cette pratique a pris corps dans une relation, celle qui a été vécue avec le praticien. Le patient est d’ailleurs bien souvent le premier à « s’en rendre compte », en soulignant qu’il lui a manqué la voix du praticien, ou simplement que ce n’était
« pas pareil ». C’est aussi parfois une surestimation du pouvoir des métaphores hypnotiques, dont certains manuels proposent « clefs en main » un script adapté non plus au patient et aux aspects relationnels, mais aux symptômes présentés.

C’est ainsi toute une autre représentation particulière de l’hypnose qui s’élabore lorsque le praticien met de côté les aspects relationnels de sa pratique, représentation où la transe hypnotique et les suggestions, via notamment les métaphores, seraient porteuses d’une efficacité pour ce qu’elles sont. Une représentation où la conception du suivi thérapeutique comme étant une construction entre deux identités est réfutée, intentionnellement ou non.
Cette communication reviendra sur ces aspects iatrogènes et la façon dont se pense et se pratique l’hypnose lorsque la dimension relationnelle n’est pas l’objet d’une réflexion de la part du praticien.


Antoine BIOY
Docteur en Psychologie,
Maître de conférences, Université de Bourgogne,
Unité de prise en charge des douleurs et des soins palliatifs
de l’enfant et de l’adulte,
Hôpital Bicêtre

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Dernière modification 10/09/09

 

 


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