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Entre rapport
magnétique et covision du monde :
lalliance thérapeutique
Eric BARDOT
Psychiatre, Pédopsychiatre, Psychothérapeute,
La Roche-sur-Yon
Depuis mes tous premiers pas en médecine
et ensuite en psychiatrie, la question de lalliance
a été au centre de mes préoccupations.
Souvent considérée comme allant de soi,
elle me semble au contraire poser problème tant
dans la pratique que sur le plan théorique.
A partir dune lecture systémique du mesmérisme,
je développerai lidée suivante :
et si lalliance consistait à construire
un espace relationnel à la fois actif dans le
temps présent et à la fois vectorisé
? Le thérapeute va amener le patient à
cocréer cet espace commun, un espace de nouité,
en mobilisant le lien mimétique.
A deux niveaux :
A un niveau méta, par la mise en forme de la
vision du monde du patient de telle sorte quelle
soit partageable, je dirai visualisable par les deux.
Cette visualisation va faire office de contexte dans
le présent de la séance.
A un niveau infra, par linstallation de manière
plus ou moins formelle du rapport magnétique
(touché et être touché), en utilisant
la communication hypnotique.
Dans cet espace vont pouvoir se modifier les interactions
que le patient entretient avec lui-même, le monde
et les autres dautant plus aisément que
le thérapeute va pouvoir mobiliser les siennes.
Cest dans cet espace que peut être fait
appel aux notions daccordage, de résonnance,
dintersubjectivité et dattachement,
de synchronisation.
Cette alliance thérapeutique peut aller de soi
ou poser problème : ce qui est souvent le cas
avec les patient(e)s carencé(e)s, polytraumatisé(e)s,
dépressifs, douloureux chroniques, où
la relation à lautre est altérée.
Des exemples cliniques illustreront mes propos.
Je conclurai par lhypothèse suivante :
envisager le transfert et le contre transfert comme
lexpression dun trouble de la relation à
lautre, cest-à-dire comme une «
pathologie » du rapport.
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