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Mener une
séance dhypnose en suivant
la modification des signes physiques
et physiologiques observés
Jean-Marc
BENHAIEM,
Médecin généraliste, Hypnothérapeute
Praticien attaché à lhôpital
Ambroise Paré, Paris
Le processus de lhypnose permettrait
de passer dune perception ordinaire à une
perception élargie. Toutes les procédures
dinduction visent à provoquer ce passage.
Ce qui est supposé, cest que cette
« personnalité seconde » aurait des
vertus que la perception ordinaire ne possède
pas.
Il existerait donc des différences fondamentales
entre ces deux « états » qui font
que lhypnothérapeute délaisse la
veille ordinaire au profit dune « veille
généralisée ». Dans sa formation,
ledit thérapeute entend que le patient doit faire
une expérience, et que, pour cela il doit quitter
le contrôle et le raisonnement. Il apprend alors
à brouiller et à endormir les sens de
son patient pour laisser venir un autre mode de présence
: létat hypnotique.
« Pour être efficace en hypnothérapie,
il est indispensable de communiquer de manière
adaptée des idées et des conceptions à
la personne hypnotisée » écrit Milton
Erickson dans ses Collected Papers. Erickson met laccent
sur la nécessité de communiquer dans le
sens où le thérapeute aurait à
délivrer des informations à son patient.
Pour cela il ne peut pas faire confiance à létat
ordinaire qui semble isoler la personne contrairement
à létat hypnotique qui le mettrait
en relation.
Il faudrait donc démontrer quil existe
bien deux états : un hypnotique et un non hypnotique,
et que létat hypnotique favorise la communication
entre le thérapeute et son patient. Tous les
cliniciens pratiquant lhypnose peuvent en témoigner
: ils savent souvent si leur patient est présent
et fait une vraie expérience ou sil ne
cesse de parler, de se plaindre et se refuse à
toute expérience. La différence est si
évidente quon imagine mal quelle
nait pas un support physiologique observable.
Au sein même de létat hypnotique,
il est décrit plusieurs états. En particulier,
on peut distinguer un état passif tel quon
peut lobserver sur des scènes de music-hall
et un état actif au cours duquel une personne
apporte des changements à sa vie. Là encore,
ces deux états sont si différents, quon
imagine mal quil ny ait pas de signes cliniques
permettant de les différencier.
En effet, lobservation clinique révèle
de nombreux signes physiologiques distinctifs qui permettent
de savoir précisément où en est
le patient.
Lautre tâche sera de démontrer en
quoi létat hypnotique favorise la communication.
Il semble que la délivrance de suggestions dans
létat ordinaire se heurte au rationnel
et à une forte cognition, tandis que cette même
délivrance pendant lhypnose rencontre une
forte sensorialité qui rend perméable
la personne.
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